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Entretien – Secrétaire permanent du G5 Sahel

« Le PDU est l’une des priorités du Burkina Faso »

Parallèlement à la lutte contre le terrorisme, le secrétariat permanent dirigé Mama Sambo Sidikou a mis en oeuvre trois outils de développement : le Programme d’investissement prioritaire (PIP), le Projet d’aménagement territorial intégré (PATI) et le Programme de développement d’urgence (PDU).

En marge du sommet de la CEDEAO qui s’est tenu à Ouagadougou en septembre 2019, l’ONG OXFAM indiquait que les attaques terroristes dans la sous-région avaient engendré « des besoins massifs et  continus en assistance alimentaire, en eau potable, hygiène et assainissement, en abris, en santé, en protection et en éducation ». Comment est appréhendée cette situation par le secrétariat du G5 Sahel ? Mama Sambo Sidikou : Cette alerte d’OXFAM est pertinente, et bienvenue, pour rappeler à la communauté internationale le pendant humain de ce qu’elle appelle parfois la « lutte contre le terrorisme ». Je  rappelle qu’en 2016, le G5 Sahel a adopté une stratégie pour le développement et la sécurité dont la mise en oeuvre repose sur un Programme d’investissements prioritaires (PIP) composé d’un portefeuille  de 40 projets structurants d’un montant total de près de 2 milliards d’euros financé à 13 % par les États membres. Sa première phase s’échelonne entre 2019 et 2021. Ses quatre priorités correspondent aux axes stratégiques de l’organisation régionale et s’articulent autour de la gouvernance, la résilience, la sécurité et les infrastructures. Elles s’inscrivent au sein de l’espace du G5 Sahel. Les populations de ces zones – y compris les personnes déplacées internes et les réfugiés – font l’objet d’une attention particulière en matière d’investissement en infrastructures. En effet, les interventions du PIP veulent améliorer de façon tangible les conditions de vie des Sahéliens, notamment par l’accès à des services de qualité. Comment évolue le Programme de développement d’urgence (PDU) décidé lors du Sommet du G5 Sahel
en juillet 2018 à Niamey ? Á la demande des chefs d’État du G5 Sahel lors du Sommet du 2 juillet 2018 à Niamey, le secrétariat permanent a proposé un Programme de développement d’urgence (PDU). Celui-ci cible les zones frontalières des cinq États et s’articule autour du lien existant entre sécurité et développement. Trois domaines d’intervention ont été ciblés : la construction d’infrastructures pour l’accès à l’eau, la résilience des populations vulnérables et le renforcement de la cohésion sociale. Á ce jour, le G5 Sahel a conçu un projet pilote afin qu’une approche sahélienne permette d’atteindre des résultats rapides, pérennes et générateurs de revenus pour les entreprises, associations et consommateurs de nos cinq pays. Durant sa présidence tournante ayant débuté en février 2019, le Burkina Faso a fait de la mise en oeuvre du PDU l’une de ses priorités. Le choix s’est porté sur une initiative pilote de coopération transfrontalière entre municipalités des régions du Sahel (Burkina Faso), de Tombouctou (Mali) et de Tillabéri (Niger) – où vivent 5,5 millions d’habitants. Quel est l’impact du Projet d’aménagement territorial intégré (PATI) ? Prévu pour une durée d’un an et financé à hauteur d’1 milliard de FCFA par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le PATI s’ancre dans les programmes d’investissement et les priorités des citoyens – représentés par leurs maires. Il cible notamment l’économie pastorale et la santé des populations (résidentes, déplacées et réfugiées). Coordonné depuis Dori, où se situe le siège de la Cellule de coopération décentralisée transfrontalière des collectivités territoriales du Sahel (C3 Sahel), il intervient dans une région abritant 30 % du cheptel des trois pays. Ainsi, il renforce la chaîne de valeur de l’économie pastorale au moyen d’infrastructures bénéficiant aux acteurs des filières concernées : aménagements pastoraux, points d’eau, couloirs de passage, pistes à bétail, hangars et abattoir.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

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