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Formation professionnelle: « Promouvoir l’insertion et l’employabilité des jeunes »

De nouvelles filières de formation professionnelle en adéquation avec les activités des régions ont été créées dans chacune d’entre elles.

Depuis 2011, les pouvoirs publics nigériens se sont engagés à revaloriser le secteur de la formation professionnelle. En effet, le pays ne comptait que deux lycées professionnels et techniques et sept centres de formation. Pour justifier ce choix politique, Tidjani Idrissa Abdoulkadri, ministre des Enseignements professionnels et techniques (lire son interview p. 62-63), indique que le projet de société du président « Renaissance acte II » préconise une nouvelle vision visant à promouvoir l’employabilité : « Il s’agit de développer la formation professionnelle afin de créer les conditions d’insertion professionnelle et d’employabilité des jeunes : l’effectif des élèves qui y seront orientés représentera 40 % de ceux de l’enseignement secondaire à l’horizon 2021. » S’agissant des axes à travers lesquels est abordée la question de l’employabilité des jeunes, on peut retenir notamment l’ouverture de nouvelles filières dans les collèges d’enseignement technique (CET), les lycées d’enseignement professionnel (LEP) et les centres de formation aux métiers (CFM). Ces filières répondent aux besoins du marché et concrétisent l’idée de développer des créneaux porteurs d’insertion pour les jeunes dans toutes les régions du pays. « C’est dans cet esprit que depuis 2011 ont été créées dans des lycées des filières liées aux activités économiques spécifiques des zones d’implantation, comme par exemple la pétrochimie dans la région de Diffa où il existe un site d’exploitation pétrolifère, l’agriculture et élevage dans un lycée professionnel à Téra dans la région du fleuve devant abriter le barrage de Kandadji, ou encore l’hôtellerie et le tourisme dans la cité historique d’Agadez », précise le ministre T. Idrissa Abdoulkadri. Ce dernier ajoute que tous ces établissements ont recours à des « stages professionnels qui constituent une période de formation pratique complémentaire à la formation initiale et continue, donnant aux diplômés les moyens de développer leur savoir-faire et favorisant leur insertion dans le monde actif ». Il faut relever par ailleurs que dans le cadre de l’employabilité des jeunes, des actions ont été menées par le ministère des Enseignements professionnels et techniques à travers le Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA, lire l’interview de son directeur général p. 64-65) et des directions nationales comme la Direction de l’orientation et des stages professionnels (DOSP). Toutes ces actions ont permis, avec l’appui des partenaires au développement, le placement des jeunes en stage dans les entreprises et ateliers et l’accompagnement des sortants des dispositifs de formation avec des kits d’insertion. Des bailleurs de fonds ont identifié plus de 300 métiers porteurs, parmi lesquels l’artisanat, la plomberie, l’électricité, le tourisme, etc. L’essentiel a été identifié à travers des études réalisées notamment par l’Observatoire national de l’emploi et de la formation professionnelle (ONEF). Ce sont elles qui ont conduit à l’implantation des filières spécifiques dans les différentes régions du pays. Et pour mieux faire connaître les opportunités que la formation professionnelle offre en région, un plan de communication du ministère a été réalisé et validé par l’ensemble des acteurs. Il est assorti d’un plan d’actions 2017-2021. On note que ce plan devrait contribuer à porter la proportion des apprenants en enseignement professionnel de 8 % en 2017 à 31,25 % en 2019, tous niveaux de qualification confondus. Cet effort est jugé par certains experts d’une ampleur sans précédent dans la sous-région. Le gouvernement serait presque parvenu à quadrupler, sur la période 2011-2017, le nombre de jeunes engagés dans ces filières : ils sont en effet passés de 8 000 à 30 000 inscrits.

Louise Bibalou-Durand

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