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Groupe Planor Afrique

Planor Afrique : l’empire d’Appolinaire Compaoré

Et si, sous l’apparente disparité des activités du groupe Planor Afrique, se tenait une constante qui donne à l’ensemble sa cohérence : l’esprit d’entreprise. Celui de son créateur, Appolinaire Compaoré, dont le destin s’entremêle avec celui de son pays, le Burkina Faso, jusqu’à en constituer une image exemplaire qui repose sur la foi en la réussite.

Le groupe Planor Afrique est une holding créée en 2004 par l’homme d’affaires burkinabè autodidacte Appolinaire T. Compaoré afin d’optimiser le management et la coordination de ses entreprises –pas moins de quatorze ! – en les regroupant en portefeuille, en travaillant au renforcement continu de ses investissements et en amorçant une stratégie de modernisation et de synergie confiée à des cadres  compétents et confirmés. La holding est dirigée par son fondateur, qui a rang d’administrateur général. Sur le plan exécutif, le secrétaire général pilote les opérations du groupe et assiste directement l’administrateur général. En plus de ses missions de représentation, il est notamment chargé de suivre et de coordonner au quotidien les activités des différentes entreprises, de créer une synergie entre les entités et de mettre à leur disposition les moyens et les expertises dont elles ont besoin. Le secrétariat général abrite quant à lui une direction générale des sociétés, une direction administrative et financière, une direction du contrôle de gestion, et enfin un département communication. Un très large éventail d’activités Les domaines d’activité du groupe Planor Afrique, soit, donc, quatorze sociétés établies au Burkina Faso et dans la sous-région ouest-africaine, notamment au Mali, sont aussi nombreux que variés : télécommunications, assurances, banques, transport et distribution de produits pétroliers, hôtellerie, transport de marchandises, location de wagons-citernes à SITARAIL, distribution de produits de grande consommation, importation et réexportation de cigarettes, distribution de cyclomoteurs, pneus, batteries et biens d’équipements, services, entretien de véhicules… Ce sont en effet treize enseignes qui se sont agrégées au fil du temps à la « maison fondatrice », BURKINA MOTO, créée en 1978 sous le nom de VOLTA MOTO, du temps où le Burkina Faso s’appelait encore Haute- Volta. Toutes font partie du paysage familier des Burkinabè et, plus largement, des Africains de l’Ouest : Union des Assurances du Burkina (UAB) créée en 1990, Société Burkinabè d’Équipement (SBE) rachetée en 2002, SODICOM et SOBUREX qui distribuent des cigarettes, la société pétrolière Sanem Koom International (SKI) créée en 1999, la société de télécommunications TELECEL FASO acquise en l’an 2000, BURKINA TRANSPORT spécialisée en transport de produits pétroliers ainsi qu’en location de wagons-citernes et de amions, GARAGE MADELEINE dédiée depuis 2018 à la réparation et à la maintenance du parc automobile du groupe Planor, le prestataire de services immobiliers SCI-GONGHO, la 14e banque commerciale du paysage bancaire burkinabè WENDKUNI BANK INTERNATIONAL (WBI) qui a démarré ses activités en mai 2018, l’Hôtel YIBI, « L’Oasis au coeur de Ouaga », racheté en 2006, en rénovation depuis 2015 et dont la réouverture est programmée pour 2020 avec une capacité d’hébergement de 32 chambres.  Hors du Burkina Faso, TELECEL MALI, détentrice de la troisième licence de téléphonie mobile au Mali depuis 2012, a démarré ses activités en février 2018,  et NAFA LOGISTICS SARL a pour principal créneau la location de véhicules de transport de personnes et de biens d’équipement. S’y ajoutent des participations de M. Compaoré dans plusieurs sociétés de renom au Burkina Faso et à l’étranger. Et les chiffres sont éloquents : le groupe Planor Afrique génère au Burkina Faso un chiffre d’affaires d’un peu  plus de 100 milliards de FCFA, plus de 1 000 emplois directs et plus de 20 000 emplois indirects, avec une contribution à l’économie de l’ordre de 30 milliards de FCFA par an toutes taxes et impôts confondus.

L’homme qui créa un empire Mais qui est l’homme qui a créé cet empire ? Son histoire est de celles dont les jeunes Africains en général, et les jeunes Burkinabè en particulier, pourraient s’inspirer pour ne pas désespérer de leurs réelles chances de succès dans leur pays, à condition d’y mettre la volonté et la persévérance sans quoi rien ne se fait. Car Appolinaire Compaoré n’est pas né « avec une cuillère en argent dans la bouche », en témoigne son prénom de poète que les puristes lettrés seraient irrépressiblement tentés d’orthographier avec un seul « p » et deux « l » : à ce seul titre, ce prénom pourrait servir d’étendard triomphal à tous ceux qui se pensent entravés par la modestie de leurs origines sociales. Selon notre confrère le faso.net, Appolinaire Compaoré est né il y a 66 ans à Koassa, un village situé à une
cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou dans la province du Bazèga. Issu du monde paysan comme nombre de ses compatriotes, il vit l’enfance alors dévolue aux jeunes de sa condition : l’aide aux travaux des champs constitue sa première et unique école. Pourtant, alors qu’il a 13 ans, son chemin bifurque de la voie toute tracée qui aurait pu sembler être la sienne quand il prend la décision de partir tenter l’aventure à Ouagadougou, un univers urbain bien éloigné de ce qui fait son quotidien. N’ayant pas été formé à la paresse et s’étant rendu utile depuis son plus jeune âge, il sait que pour se nourrir et venir en aide aux siens, il doit travailler : il enchaîne donc les « petits boulots », précaires évidemment, et l’on imagine aisément que ce n’est pas tous les jours Byzance… Qu’importe, il a déjà la trempe des gagnants qui savent faire le dos rond quand c’est nécessaire mais ne se laissent pas décourager pour autant. Et un jour de l’année 1970, la chance finit par lui sourire et – détail cocasse – c’est précisément ce qu’il sera chargé de vendre : de la chance, sous forme de billets de loterie ! C’est bien à cette activité de commerce de rêve qu’il devra de réaliser les siens : elle lui permettra d’acheter les premiers cycles qui feront le succès de sa première entreprise. Le gros lot, en somme. On connaît la suite… Ajoutons toutefois que, hormis la direction des multiples sociétés au succès indéniable que nous avons évoquées, Appolinaire Compaoré assume officiellement depuis décembre 2018 la haute responsabilité de président du Conseil national du patronat burkinabè, où il a été élu par consensus. Il est par ailleurs depuis juillet 2019 en charge de la fonction diplomatique de représentant résident du Réseau des experts européens département Afrique de l’Ouest (RCEEDAO). Ceux qui rencontrent Appolinaire Compaoré parlent de la sérénité qui émane de lui, de son élégance, de sa simplicité et, surtout, de son humanité. Des qualités qui expliquent peut-être en partie que le 6 décembre 2019, lors de la cérémonie nationale de reconnaissance des mérites organisée chaque année à l’occasion de la fête de l’indépendance, Appolinaire Compaoré ait été fait grand officier de l’ordre de l’Étalon par le président du Faso. Une consécration pour cet homme de foi, preuve vivante qu’il n’y a pas de fatalité. Toute croyance mise à part si ce n’est la confiance en la vie, son parcours est à même de donner une vision constructive à la jeunesse africaine de ce XXIe siècle qui a le même âge qu’elle. De quoi a-t-on besoin pour réussir ? De diplômes ?Sans doute. De courage ? Assurément. Mais aussi, et peut-être surtout, de coeur.

Andju Ani

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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