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Hôtellerie: La résilience du tourisme d’affaires

Malgré les attaques terroristes, le tourisme d’affaires fait bonne figure, contrairement au tourisme dit « récepteur » où l’on enregistre une baisse de fréquentation par les Occidentaux de la destination Burkina Faso.

C’est connu, l’insécurité a un impact négatif sur l’activité touristique, quelle que soit la destination concernée. Au Burkina Faso, pays en proie à des attaques terroristes depuis 2015, cette réalité est perceptible, avec tout de même quelques nuances selon le type de tourisme pratiqué. Le tourisme pour motif d’affaires ou professionnel se porte « particulièrement bien », à en croire Bassirou Balboné, le directeur de l’Observatoire national du tourisme (ONT), structure créée en 2014. Il en veut pour preuve les chiffres collectés qui témoignent, ces dernières années, de cette vitalité, malgré la crise sécuritaire. « On est passé de 256 339 touristes en 2011 à 343 511 en 2018. Ce type de tourisme est résilient, et il est surtout soutenu par le tourisme interne, celui pratiqué par les Burkinabè pour motif d’affaires ou professionnel, avec la tenue de diverses rencontres à Ouagadougou et en province », confie l’expert. Cette tendance à la hausse du nombre de touristes d’affaires, relève M. Balboné, a un impact positif sur les
recettes des établissements touristiques d’hébergement (ETH) : « Les recettes des ETH sont en hausse constante : elles sont passées de 48,3 milliards de FCFA en 2015 à 53,4 milliards en 2018, soit un accroissement annuel moyen de 3,4 % ». Le directeur de l’ONT dit être surtout fier de la résilience de la ville de Ouagadougou en matière de tourisme d’affaires. « Malgré la situation sécuritaire difficile et les alertes y relatives à l’international, la capitale a toujours la confiance des organisateurs d’événements, certainement à cause de ses atouts. Elle a abrité sans couacs des événements d’envergure comme le SIAO, le FESPACO ou le Tour du Faso », fait-il remarquer. Entre autres avantages de Ouagadougou, il cite sa grande expérience dans l’organisation des manifestations à caractère national et international (conférences, colloques, ateliers, sommets de chefs d’État..), ses infrastructures d’accueil et son statut de centre de tourisme d’affaires. « Ouagadougou reste une ville attractive, quoi qu’on dise. Le tourisme d’affaires se porte bien. Cela s’explique par la promotion continue de la destination Burkina, à l’intérieur tout comme à l’extérieur », observe-t-il. Toutefois, la fausse note dans le secteur viendrait, selon lui, du tourisme récepteur. Il regrette que ce type de tourisme concernant essentiellement la fréquentation de la destination Burkina Faso par les Occidentaux soit très touché. En effet, les Occidentaux sont de moins en moins aperçus dans les ETH, estimés à 722 selon des statistiques de 2018 sur les 1 080 sites touristiques que sont par exemple les Cascades de Banfora, les pics de Sindou ou la mare aux crocodiles de Bazoulé. « L’impact de l’insécurité sur le tourisme récepteur remonte à 2011, avec la mutinerie des soldats. Les chiffres sont assez parlants. On est parti de 237 725 touristes étrangers en 2011 à 144 492 en 2018. Dans le volet chasse et safari, on a dégringolé de 7 000 visiteurs en 2011 à 1 300 en 2018. On enregistre une baisse de la fréquentation du pays par les Européens surtout, comme en attestent les chiffres collectés dans les aéroports : ils étaient 266 000 en 2011 contre 123 000 en 2018 », précise le spécialiste. Mais tout n’est pas perdu puisque le tourisme d’affaires permet de sauver la face. « Ce qui sous-tend actuellement le développement du secteur, c’est le tourisme professionnel interne. On est passé de 196 000 touristes en 2010 à 395 000 en 2018. Ces chiffres sont basés sur la fréquentation des hôtels par les Burkinabè », se réjouit M. Balboné.

Patrick Kader Karantao

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