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INSTITUTION FINANCIÈRE MULTILATÉRALE DE GARANTIE : « Le FSA s’affirme comme une institution forte et innovante »

Entretien – Directeur général du Fonds de Solidarité Africain

Á l’occasion de la célébration des 40 ans d’existence du Fonds de Solidarité Africain (FSA), Ahmadou
Abdoulaye Diallo, son directeur général, confirme un bilan positif et se réjouit des perspectives offertes par le partenariat avec Bpifrance, qui devrait développer les relations d’affaires avec les entreprises françaises.

En 2019, le FSA commémorera ses 40 ans d’existence. Quel bilan pouvez-vous mettre en avant sur les succès ayant marqué ces quatre décennies ? Ahmadou Abdoulaye Diallo : Effectivement, en 2019, le Fonds de Solidarité Africain sera quarantenaire, âge généralement reconnu comme étant celui de la maturité. Il siérait d’abord de parler de la mission assignée au FSA, à savoir oeuvrer au développement économique et à la lutte contre la pauvreté dans les États membres en facilitant le financement de projets d’investissement tant dans le secteur public que privé et dans les activités de microfinance. Et c’est pour mener cette mission stratégique que le FSA s’est donné comme vision de s’affirmer comme « une institution forte et innovante, partenaire privilégié des acteurs du développement économique, offrant des produits de garantie et de financement diversifiés, adaptés et compétitifs ». Alors oui, je puis vous affirmer que le bilan du FSA est positif car l’institution joue pleinement son rôle. Il s’est traduit par de nombreuses interventions au profit de ses États membres et des entreprises nationales, contribuant ainsi à la création de valeur ajoutée et à la lutte contre le chômage en créant ou en préservant des emplois. Ainsi, à fin octobre 2018, le bilan des interventions du Fonds, uniquement en faveur des entreprises nationales, se présente globalement comme suit : des interventions sous forme de garantie financière pour un montant de l’ordre de 457 milliards de FCFA qui a permis de mobiliser des fonds d’environ 942 milliards de FCFA et, par les établissement de crédit, des interventions sous forme de refinancement pour un montant d’environ 5 milliards de FCFA qui a permis d’assurer la continuité d’exploitation d’une quinzaine d’entreprises financée pour un montant total de l’ordre de 28 milliards. Il faut savoir que sans le refinancement, les déchéances de terme de ces entreprises auraient été prononcées, tout simplement. Sur le marché du financement solidaire, le FSA est-il compétitif vis-à-vis des structures concurrentes ? La garantie financière reste le coeur de métier du FSA. Mais, en permanence à l’écoute de son marché, le FSA a su faire preuve de créativité pour mettre le produit idoine à la disposition de chaque segment. Ainsi, l’accompagnement du FSA se fait aussi bien en faveur des TPE que des PME-PMI, des grandes entreprises et des États eux-mêmes. Le FSA offre ces produits tant en faveur des établissements classiques de crédit que lors des opérations sur les marchés financiers, mais aussi en faveur des institutions de microfinance (IMF) dont l’importance n’est plus à démontrer. En plus de la compétitivité et grâce à la diversification de ses produits, sur le plan tarifaire, le FSA coûte beaucoup moins cher lors de ses interventions, eu égard à la qualité de son actionnariat composé uniquement d’États qui lui ont aussi assigné ses attributions. En effet, exerçant sur un marché concurrentiel, le marché ne peut adopter une logique privée… Pourquoi, en mars dernier à Lomé, le FSA a-t-il couplé sa session de conseil d’administration avec la présentation du trophée de la notation financière (AA+) de l’Agence WARA, et quelle importance accorde-t-il au processus de notation de sa gouvernance ? La session du conseil d’administration de mars 2018 à Lomé a été pour nous une occasion non pas de présenter un trophée, mais de communiquer sur la notation financière de notre institution qui ressort à AA+ selon l’échelle de WARA. La notation financière peut être appréhendée comme une opinion indépendante émise par une agence sur une entité à partir d’une analyse rigoureuse et exhaustive de paramètres de risques-crédit susceptibles d’avoir un impact sur la capacité de celle-ci à faire face à ses obligations financières. En d’autres termes, la notation mesure la probabilité de défaut de l’entité notée. Elle contribue à renforcer la transparence sur les marchés financiers dits matures en raison de la confiance que les investisseurs lui accordent. La note AA+ avec perspective stable donne un niveau Investment Grade au FSA, qui remplit ses obligations au regard du régulateur ayant instruit les garants d’y procéder pour continuer d’opérer sur le marché financier régional. Quelle est la portée du partenariat signé entre le FSA et Bpifrance en juillet dernier à Paris, et comment cet accord va-t-il profiter au secteur privé des 14 États membres ? Le FSA s’est doté depuis 2016 d’un « plan EXPANSION 2020 », un plan de développement stratégique en cours de réalisation qui vise à augmenter notablement l’impact du Fonds sur les économies de ses États membres à travers une amélioration significative de la qualité et du volume de ses interventions. Pour atteindre cet objectif, le FSA a besoin de partenaires forts et crédibles, capables de renforcer ses capacités et son expertise technique en partageant les meilleures pratiques et en générant des flux d’affaires conséquents. Bpifrance est l’un de ces partenaires. L’accord signé a donc une triple visée : d’abord affermir davantage l’expertise du FSA dans son coeur de métier – la garantie financière – et mettre en place des actions de nature à produire un réel changement d’échelle de nos interventions sur les plans qualitatif et quantitatif, ensuite améliorer l’expertise du FSA dans le financement de l’innovation, enfin explorer et mettre en oeuvre un partenariat opérationnel FSA-Bpifrance impliquant des entreprises françaises et leurs consoeurs de nos 14 États membres. Et dans chaque aspect de cette triple visée, le secteur privé des 14 États membres du FSA tire un avantage certain. Par exemple, beaucoup de nos entreprises ont (ou veulent avoir) des relations d’affaires avec aussi bien les grandes entreprises que les PME françaises. Le partenariat FSA-Bpifrance leur offrira désormais un outil de mise en contact et de sécurisation financière et technique des échanges de produits et de services tant financiers que non financiers. En termes d’engagements et de soutien financier, quel est le bilan du FSA sur l’exercice 2017 ? En termes de tendances, comment se présente 2018 ? L’activité de garantie nécessite des ressources et des fonds propres suffisants. Le FSA, fort de son actionnariat et du rôle qu’il joue dans les économies de ses États membres, bénéficie d’un engagement et du soutien forts et continus de ses actionnaires. Á titre illustratif, en 2016, pour renforcer les fonds propres du FSA et sa capacité d’intervention, les États membres ont fait passer le capital souscrit et appelé de 22 milliards de FCFA à 60 milliards, soit une augmentation de 38 milliards. Ils ont par la même occasion doublé leur contribution au Fonds Spécial de Bonification, dont la contribution passe de 7 milliards de FCFA à 14 milliards. Le paiement de tous ces apports supplémentaires a été étalé sur 4 ans à partir de 2017.

Propos recueillis par Paul de Manfred

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