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L’Edito du N°5 – Octobre 2018 – Le développement socio-économique contre l’obscurantisme

Le développement socio-économique contre l’obscurantisme

Dans l’entretien qu’il nous accorde, le président burkinabè, modeste quant à son propre bilan à mi-mandat, refuse de se juger. Mais d’autres le font fort bien à sa place puisque pour cette édition, nous avons eu des entretiens avec quasiment la moitié des membres de son gouvernement (Sécurité, Agriculture, Santé, Infrastructures, Mines, etc.) qui montent au créneau pour défendre les réalisations du PNDES, le projet de société qui lui a valu en 2015 de l’emporter largement avec plus de 53 % des voix. Ajoutons que plusieurs dirigeants d’entreprise des secteurs privés et étatiques reviennent sur les actions fortes inscrites sur leur feuille de route de 2018. Parmi ces parcours, une mention
spéciale est à décerner au fonds « Burkina Startups » qui a vu le jour en 2017 et dont l’objectif est de créer 500 PME en cinq ans avec un budget de 10 milliards de FCFA.
Parmi les promesses du candidat Roch Kaboré, deux marqueurs à cette moitié du quinquennat ont une portée plus que symbolique pour le président qu’il est devenu : la création de la Banque Agricole du Faso (BADF) et le vote des Burkinabè de l’étranger. La création de la BADF est une vieille revendication de 1993 exprimée lors de la toute première Journée nationale du paysan à Léo, localité de la région Centre-Ouest où les paysans avaient clairement émis le voeu d’avoir une banque qui leur soit spécifiquement dédiée. Cette BADF aura pour principales missions de mobiliser l’épargne populaire en milieu rural, de financer les intrants en quantité et en qualité ainsi que de financer l’agro-business, et le président sait qu’elle constituera un appui considérable pour le financement des agriculteurs, d’une importance majeure si l’on considère que l’agriculture reste le deuxième pourvoyeur de devises du pays après la filière aurifère. Il sait aussi que seulement 15 % de producteurs agricoles bénéficient de crédits bancaires, un taux dont il espère qu’il pourrait rapidement augmenter avec cette nouvelle BADF.

Le vote des Burkinabè de l’étranger est aussi une vieille revendication qui remonte à près de 30 ans. La décision a été accompagnée, en termes politiques, par la création d’un ministère des Burkinabè de l’étranger et, en termes économiques, par la construction d’une Cité de la diaspora pouvant accueillir plus d’un millier d’entre eux avec ses villas de standing dans la zone huppée de Ouaga 2000. Le président sait aussi que plus de 1 200 milliards de FCFA de transfert d’argent ont été envoyés par la diaspora vers le Burkina Faso ces trente dernières années.

Rappelons enfin qu’à mi-parcours de son mandat qui court jusqu’en 2020, le président burkinabè Roch Kaboré a fait comprendre en juin dernier lors de la présentation de son bilan à la télévision nationale qu’il avait le droit d’être candidat à la présidentielle de 2020. Mais en attendant de voir se formaliser cette candidature, le ministre d’État Simon Compaoré, actuel patron du MPP, parti au pouvoir, indique qu’en plus des 626 engagements pris par le président dans les domaines de l’eau, de l’énergie, des infrastructures routières, de la santé et de l’éducation, dont près de 150 ont déjà été réalisés, un autre référentiel de développement s’est greffé au PNDES : le Programme d’urgence pour le Sahel (PUS/BF), qui a pour objectif de contribuer à l’amélioration de la sécurité des personnes et des biens dans cette région. Cet objectif global se décline en objectifs spécifiques : l’accès aux services sociaux de base, l’amélioration de la gouvernance administrative et locale ainsi que le renforcement de la sécurité des populations et de leurs biens. Son coût pour la période 2017-2020 est estimé à 455 milliards FCFA. Car pour le président Kaboré, la réponse au terrorisme n’est pas seulement militaire : elle nécessite d’investir dans le développement économique et social.

Serge Henri-Malet

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