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Ministère de l’Économie et Finances

Les chantiers du macro-économiste Mamadi Camara

Mamadi Camara, le grand argentier de Guinée, indique que le pays connaît un endettement modéré à 30 % alors que ceux de l’UEMOA sont à 70 %. De plus, la Guinée a réalisé ces quatre dernières années les meilleurs scores de croissance obtenus en 50 ans.

Selon Mamadi Camara, ministre de l’Économie et des Finances, son pays a enregistré ces dix dernières années les plus forts taux de croissance du PIB de son histoire. Ces quatre dernières années, cette croissance est d’environ 6 %, pour une moyenne en Afrique de l’ordre de 3 %. De plus, son  gouvernement, malgré les mouvements de contestation menés par l’opposition et la société civile ici et là ces neuf dernières années, et plus encore en octobre et novembre 2019, est parvenu à renforcer ses  investissements dans les infrastructures de base : électricité, routes, éducation, santé, énergie et TIC. Autant de secteurs qui ont pu agir comme des leviers de croissance. En effet, s’agissant de l’électricité, le ministre Mamadi Camara rappelle ce leitmotiv du président Alpha Condé : sans énergie, le développement n’est guère envisageable. Ainsi, le barrage de Kaléta, d’une puissance de 240 MW et qui a coûté 526 millions de dollars, est opérationnel depuis 2015. Le démarrage de celui de Souapiti, de 450 MW, lancé en 2015 pour un coût de 1,5 milliard dollars, est programmé en 2020. Un troisième barrage d’une capacité de 300 MW, Amaria, dont les travaux ont été lancés par le chef de l’État en personne en janvier 2018 et dont le coût est estimé de 1,85 milliard de dollars, est le fruit d’un investissement privé assuré par la société chinoise  Tebian Electric Apparatus Stock (TBEA). Ce projet, à en croire les autorités guinéennes, devrait porter le taux d’accès à l’électricité à 65 % à l’horizon 2020 et favoriser la participation d’opérateurs privés dans la production, le transport et la distribution d’électricité. Un cadre réglementaire est également prévu pour développer les potentialités hydroélectriques du pays en vue de renforcer son autonomie énergétique. Et la construction du barrage d’Amaria n’est pas un projet isolé. Elle entre dans le cadre d’un accord global signé récemment avec le ministère guinéen des Mines et de la Géologie portant essentiellement sur l’exploitation de la bauxite, avec notamment la réalisation d’une usine d’alumine raffinée à 99 % et d’une fonderie d’aluminium pour un budget de 10 milliards de dollars. S’y ajoute un port en eau profonde à Tayigbé, dans la région de Dubreka, en Guinée maritime, près de la
capitale Conakry. Avant même la fin des travaux du barrage d’Amaria, le groupe TBEA envisage aussi la
construction d’une centrale thermique de 64 mégawatts dont le démarrage est annoncé cette année. Parmi les autres ambitions du ministre de l’Économie et des Finances figure l’intensification des investissements directs étrangers (IDE), qui avaient stagné en 2014- 2015 du fait de la fièvre Ebola et ont repris depuis 2017. Le secteur minier absorbe l’essentiel des engagements financiers de la part des multinationales. Sur le niveau d’endettement du pays qui a valu au ministre d’être interpellé par des parlementaires en août 2019, il a indiqué que la Guinée s’inscrivait dans un programme économique et financier appuyé par la facilité élargie de crédit du Fonds monétaire international (FMI), ajoutant : « Si vous comparez l’endettement de la Guinée à celui des autres pays de la sous-région, notamment ceux de l’UEMOA, vous constaterez qu’elle affiche un endettement très modéré. L’encours de la dette intérieure représente 12,03 % du PIB et la dette extérieure 18,23 % du PIB. Quand vous prenez les pays de l’UEMOA, la dette y représente 70 % du PIB, alors que nous nous sommes à 30 % au total. » Par ailleurs, Mamadi Camara a lancé le 15 mai 2019 à Conakry la revue annuelle du Plan de réformes des finances publiques (PREFIP), avec à ses côtés son homologue du Budget mais aussi le président de la Cour des comptes, des acteurs de la société civile et du secteur privé ainsi que des représentants des bailleurs de fond : UE, FMI, Banque mondiale, etc. « Les efforts conjugués ont permis de maintenir en 2018 un cadre macroéconomique stable conformément aux objectifs de notre programme économique et financier soutenu par le FMI », a alors déclaré M. Camara, ajoutant que la croissance projetée  en 2019 était de l’ordre de 6 %, tandis que l’inflation avait été contenue à 9,9 % à fin décembre 2018, « ce qui classe la Guinée parmi les pays du continent les plus performants ». Le solde budgétaire de base en Guinée connaît actuellement, lui, un excédent de 0,8 %. Dans son analyse, le grand argentier guinéen estime que tous les indicateurs de son pays sont plutôt positifs, et cela grâce aux réformes mises en oeuvre, « dynamiques en 2018 ». Le ministre a fait observer les avancées sur l’unification de la gestion de la trésorerie de l’État à travers l’opérationnalisation progressive du compte unique du trésor. « Les réformes nous permettront également de renforcer la mobilisation des ressources internes. Dans les mois à venir, nous allons faire en sorte que d’autres décisions soient prises pour élargir l’assiette de l’impôt », a annoncé dans la foulée le ministre de l’Économie et des Finances. Pour sa part, Serena Bertayna, cheffe d’équipe Économie et Santé de l’Union européenne (UE) en Guinée, a souligné lors de cette rencontre les progrès réalisés : « Les partenaires techniques et financiers de la Guinée ne peuvent que constater qu’elle progresse. Ce n’est pas nous qui le disons, mais les diagnostics qui ont porté sur la gestion des finances, des investissements et de la dette. Diagnostics qui ont été réalisés de manière indépendante au cours de l’exercice 2018. »

Louise Bibalou-Durand

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