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OMS-Centrafrique: Le défi : restaurer le système de santé

L’OMS apporte un appui décisif à la République centrafricaine pour restaurer son système de santé fortement fragilisé par la succession de crises.

Partenaire privilégié de la République centrafricaine dans sa politique de santé publique, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a encore démontré son engagement lors de l’arrivée de la pandémie de coronavirus. Le premier cas de Covid-19 a été détectémi-mars 2020 alors que la RCA connaissait déjà des épidémies de poliomyélite depuis mai 2019 et de rougeole depuis janvier 2020. Une cellule de crise dirigée par le ministère de la Santé et de la Population a aussitôt été activée pour prendre en charge ce premier cas de Covid-19, un sujet italien de 74 ans. Mais très vite, le nombre de cas détectés a augmenté, ce qui a amené le représentant résident de l’OMS Séverin Von-Xylander à monter en première ligne, tant pour la sensibilisation que pour soutenir le gouvernement : « Nous sommes préoccupés et nous continuons à appuyer le ministère de la Santé dans les mesures à prendre. Le plus important, c’est de s’assurer qu’on détecte tous les cas sur le territoire centrafricain, de tracer leurs contacts, d’identifier les personnes malades et de les mettre en isolement. Tous les peuples sont touchés car le virus ne fait pas de différence, ni de couleur de peau, ni d’appartenance religieuse. » L’OMS en Centrafrique a d’abord apporté son concours dans la prise en charge des cas, le suivi des contacts, la prévention et le contrôle de l’infection ainsi que dans le renforcement de la surveillance épidémiologique. Ensuite, elle s’est assurée de ce que les patients déclarés soient bien traités, veillant au renforcement de capacité du personnel de santé du centre d’isolement des malades du coronavirus et à la sensibilisation de la communauté dans laquelle réside le patient. Enfin, elle a appuyé le ministère de la Santé dans la mobilisation des ressources pour la mise en place des piliers de la réponse : la surveillance, la prise en charge, la communication, le contrôle des infections et la coopération entre les divers départements ministériels nationaux. L’OMS et le ministère de la Santé et de la Population ont conjointement effectué un travail de sensibilisation de la population sur le Covid-19, soulignant l’importance de ne pas céder à la panique et d’observer les gestes simples de prévention. L’OMS a également accompagné le rapatriement de Centrafricains ayant séjourné en Chine et a organisé leur mise en quarantaine pour qu’ils ne propagent pas la maladie. Un soutien indispensable car, comme l’indique le représentant résident de l’OMS, « la RCA a l’un des systèmes de santé les plus vulnérables au monde. Les capacités de prise en charge étant très limitées, l’OMS a aidé à la création d’un centre de prise en charge. » Une stratégie de coopération Ces interventions de l’OMS en Centrafrique s’ajoutent à la stratégie de coopération de l’organisme avec le pays en vue d’une part d’alléger les souffrances de la population centrafricaine et de mieux répondre à ses besoins en matière de santé, et d’autre part d’accélérer le relèvement du système de santé, pratiquement effondré à cause de la succession de crises connues par le pays. Adaptée à la situation de fragilité que traverse le pays, cette stratégie résulte d’échanges avec le gouvernement de la RCA et ses partenaires afin d’atteindre les objectifs en matière de soins de santé primaires, prenant en considération l’évolution du contexte politique, économique et sécuritaire. La stratégie de coopération entre l’OMS et la Centrafrique est articulée autour de cinq priorités. D’abord la réduction de la charge des maladies transmissibles comme le VIH/Sida, la tuberculose, le paludisme et les maladies tropicales négligées, dans un contexte de haute vulnérabilité lié au déplacement des populations, à la faible couverture vaccinale et à la détérioration des conditions de vie, notamment environnementales. Ensuite, elle lutte contre les maladies non transmissibles incluant les cardiopathies, le cancer, les pneumopathies, le diabète et les troubles mentaux ainsi que les handicaps et les traumatismes, avec pour outils la promotion de la santé et la réduction des risques, ou encore la prévention, le traitement et la surveillance des maladies non transmissibles et de leurs facteurs de risque. Car la crise a réduit l’accès aux traitements et surtout aux mesures préventives. En troisième lieu, il s’agit de promouvoir la santé à toutes les étapes de la vie : améliorer la santé pendant la grossesse, l’accouchement, la période néonatale, l’enfance et l’adolescence, améliorer la santé sexuelle et génésique, et enfin permettre à chacun de vieillir en restant actif et en bonne santé en tenant compte des déterminants de la santé et des objectifs de développement convenus au niveau international, en particulier les objectifs de  développement durable liés à la santé. Relever le système de santé Concernant le système de santé, l’OMS oeuvre à son optimisation en mettant l’accent sur la prestation intégrée des services, en apportant des financements en vue de la couverture sanitaire universelle, et enfin en renforçant les ressources humaines pour la santé et les systèmes d’information sanitaire. Elle facilite aussi le  transfert de technologie et l’accès à un coût abordable à des technologies sanitaires de qualité, sûres et efficaces, ainsi que dans le domaine de la recherche, et ceci dans une perspective de reconstruction du système de santé en RCA. L’OMS contribue également à la préparation, à la surveillance et à une intervention efficiente en cas de flambée épidémique et d’urgence aiguë de santé publique, et à la bonne gestion des aspects sanitaires des catastrophes humanitaires pour contribuer à la sécurité sanitaire. Si ces objectifs partagés par le gouvernement sont ainsi clarifiés, l’OMS a néanmoins identifié plusieurs défis qui restent à relever, notamment l’importance de diminuer les taux de mortalité maternelle (890 pour 100 000 naissances vivantes) et des enfants de moins de cinq ans (173 pour 1 000), la prévalence élevée des maladies transmissibles qui évoluent généralement sur le mode endémo-épidémique, le dysfonctionnement du système de santé durement éprouvé par la crise humanitaire ainsi que le manque de ressources adéquates, et enfin le financement du secteur de la santé qui, déplore l’OMS, restant fortement tributaire de l’aide extérieure et difficile à coordonner, limite son efficacité. Pour relever ces défis, le gouvernement a la ferme intention de promouvoir l’accès des populations aux services socio-sanitaires de base, de renforcer le ministère de la Santé et ses fonctions de gouvernance, de répondre aux besoins essentiels des services de santé, d’améliorer la prise en charge de la santé de la mère et de l’enfant par des mesures aussi bien préventives que curatives, d’optimiser la lutte contre les maladies comme le trio VIH/Sida-tuberculose-paludisme, et enfin d’améliorer la gestion des urgences et des catastrophes. Une démarche fortement appuyée par l’OMS, qui considère le relèvement du système de santé comme un indicateur majeur du retour à la normalité.

Christian Kouamen

Auteur

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