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Politique intérieure: Un aperçu des réalisations d’Alpha Condé

En presque dix ans de gouvernance, Alpha Condé a réussi sur bon nombre de chantiers : le développement des TIC et du parc hôtelier, la promotion des femmes ou encore l’accès à l’électricité, qui devrait d’ailleurs s’amplifier en 2020.

Quand la figure de proue de l’opposition Cellou Dallein Diallo déclare que « sous Alpha Condé, la démocratie et les droits humains ont reculé. Le chômage et la pauvreté se sont aggravés. Son bilan est négatif sur toute la ligne », l’on serait tenté de lui répondre que l’auteur de tels propos est dans son rôle d’opposant. Et de lui rappeler qu’en matière d’avancées démocratiques, à l’instar du Burkina Faso, du Mali ou du Ghana, c’est à l’initiative du président Alpha Condé qu’en 2014 a été formellement institutionnalisé par le Parlement le statut de chef de file de l’opposition en Guinée. Un statut que M. Diallo incarne aujourd’hui en tant que leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), premier parti d’opposition. Car si tout n’a pas été rose sous l’ère Alpha Condé, des avancées et des réalisations dans certains secteurs sont bel et bien à relever. En Guinée, « les opposants au président ne font jamais dans la demi-mesure. Tenez Ousmane Kaba, qui a pourtant été l’un des ses ministres, l’un des membres fondateurs du RPG Arc-en-ciel avec lequel il est en rupture de ban : il a basculé dans l’opposition et a même créé sa propre formation politique, le PADES. Pour lui, le bilan des neuf ans du président est un désastre. En 9 ans, dit-il souvent, le Pr Alpha Condé n’a même pas réussi à réaliser 100 km de route bitumée », fait observer un conseiller à la Présidence. 60 % de routes nationales en bon état en 2020 Or justement, il se trouve que « la modernisation des moyens et des infrastructures de transport figure en bonne place dans les priorités gouvernementales et dans le Plan national de développement économique et social (PNDES) », indique Moustapha Naïté, ministre des Travaux publics (lire son interview p. 88-89). Le président Alpha Condé ne sous-estime pas l’enjeu de développement que représentent les 46 130 km de routes de son pays. Il considère par conséquent la construction et la réhabilitation des routes nationales comme un point crucial de sa politique d’infrastructures routières, et il s’est fixé l’objectif de faire en sorte qu’au moins 60 % des routes nationales de Guinée soient en bon état en 2020. D’ailleurs, le même ministre des Travaux publics n’hésite pas à rafraîchir la mémoire des plus amnésiques : « En arrivant au pouvoir en 2010, le Pr Alpha Condé a hérité d’un réseau routier dégradé à plus de 80 % : les routes revêtues étaient en mauvais état, et même, pour une bonne partie d’entre elles, en dégradation avancée. Ces chiffres et ces données sont disponibles au Bureau stratégies et développement et de la banque de données routières du ministère des Travaux publics. » Et d’ajouter : « Très peu de voiries urbaines étaient construites, et nous avons trouvé le pays avec une densité routière en dessous de la moyenne sous-régionale. Ainsi, si je me permets d’insister sur ce taux si élevé de dégradation, c’est pour faire comprendre et apprécier à sa juste valeur ce qui a été réalisé par notre président en matière de routes durant ces presque dix ans. » Un engagement qui a nécessité de revoir la politique de développement des infrastructures, de créer des organes de gestion et de fonctionnement plus structurants, et enfin d’élaborer des réformes fortes pour lancer cette nouvelle dynamique. Des réformes également orientées vers la mise en place d’un cadre propice à l’utilisation de financements privés pour la réalisation des infrastructures routières à travers les partenariats public-privé (PPP) avec l’adoption de la loi n° 2017-32 du 4 juillet 2017. « Nous avons réhabilité et/ou reconstruit – certains travaux sont encore en cours ou vont démarrer – plus de 2 000 km de routes nationales, des kms de voiries urbaines et, sur les routes préfectorales, il a été construit plus de 2 600 mètres linéaires d’ouvrages de franchissement », précise Moustapha Naïté. Surcapacité d’accueil des investisseurs étrangers En matière d’énergie (lire notre encadré), le défunt secrétaire général du « stratégique » ministère des Travaux publics Kadiata Mamoudou Kaba, connu pour être un inconditionnel du président Alpha Condé, aimait à répéter qu’à lui seul, « le barrage hydro-électrique de Kaleta détient une capacité de 240 mégawatts, contre 128 mégawatts réalisés en cinquante ans par les régimes précédents. Et je ne citerai pas les barrages Souapiti et Amaria actuellement en cours. C’est dire que le Pr Alpha Condé a réalisé en Guinée près de cinq fois plus de puissance électrique que les deux régimes réunis, et cela sans compter les lampadaires solaires installés dans toutes les sous-préfectures du pays. » Autre aspect positif des réalisations du président qui ont fortement marqué l’empreinte de ses deux mandats, la capacité, voire la surcapacité d’accueil des investisseurs étrangers. « Quand un investisseur vient dans un pays, c’est pour investir, mais il ne veut pas non plus souffrir. Il doit dormir la nuit dans des conditions maximales de tranquillité. C’est un choix politique d’avoir opté pour attirer en Guinée de grandes enseignes hôtelières internationales », explique un conseiller à la Présidence. En effet, la volonté politique de réduire le déficit en hôtellerie des années 2010 à Conakry, devenu un lointain souvenir puisque la capacité hôtelière du pays est passée de 1 152 chambres en 2010 à 3 670 chambres en 2018, a fait que la métropole guinéenne a su attirer la plupart des investissements. Les femmes à l’honneur Dans un autre domaine, pour promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, plusieurs mesures ont été prises, parmi lesquelles la mise en oeuvre du projet d’appui à la promotion du genre : les principaux acquis sont l’élaboration et l’adoption d’une Politique nationale du genre assortie d’un plan d’action stratégique, ainsi que la mise en place de cellules genre dans les départements ministériels et d’un système de microcrédits à travers les Mutuelles financières des femmes africaines (MUFA). Toutefois, les femmes continuent d’être sous-représentées dans la vie publique et politique ainsi qu’aux postes de décision, même si sur ce sujet des efforts forts louables ont été fournis par le chef de l’État, qui n’a pas hésité à les nommer à des ministères régaliens dans quasiment chacun de ses gouvernements : Économie et Finances, Agriculture, Plan, etc. Dès le début de son second mandat, s’inspirant du Rwanda, il a parlé de quotas pour imposer les femmes dans les instances politiques et lors des candidatures aux différentes élections locales et nationales, faisant de la femme « une priorité » dans ses gouvernements. Forte progression de l’accès aux TIC Autre chantier réussi, la forte progression de l’accès aux technologies de l’information et de la communication, notamment à la connexion Internet haut débit, qui a considérablement augmenté depuis 2010 en passant de 4 000 abonnements en 2015 à 1 204 000 abonnements en 2018. Ajoutons à cela le taux de pénétration de la téléphonie en Guinée, qui a nettement évolué : « Nous avons observé qu’en 2015, ce taux de pénétration était de l’ordre de 99,1 %. Ce chiffre est passé à 97 % en 2016, puis a augmenté à 98 % en 2017 pour passer à 101,2 % en 2018 », explique Moustapha Mamy Diaby, ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique (lire son interview p. 98-99). Animal politique, le président guinéen, par son action durant ces presque dix années, a contribué à ouvrir son pays au reste du monde, relève l’expert Christian Mion, Senior Partner minier et métallurgique parmi les plus expérimentés du cabinet EY dans le réseau mondial. Il soutient que le chef de l’État s’est fortement impliqué pour faire venir plus d’investisseurs, notamment dans le secteur des mines : Rio Tinto pour le fer de Simando, l’Anglo-Australien BHP Billiton pour la bauxite, le Brésilien Vale qui a plusieurs concessions minières ou le Russe Rusal avec la fonderie de Fria, etc. « En replaçant la Guinée au centre du concert des nations sur le continent lorsqu’il a été président en exercice de l’Union africaine, il est clair qu’il a donné à la Guinée une vitrine médiatique de premier ordre, adossée par ailleurs sur les flux importants du secteur minier de la bauxite », reconnaît M. Mion.

Paul de Manfred

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