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Politique intérieure: « Tous les atouts pour gagner la présidentielle dès le 1er tour »

Désigné candidat à la présidentielle 2020-2021 par le Mouvement Coeurs Unis le 26 septembre 2020 à Bangui, Faustin-Archange Touadéra a défendu son bilan tout en souhaitant poursuivre ses chantiers, notamment récupérer la partie du pays encore aux mains des milices armées.

Je vous ai entendus et c’est avec beaucoup de plaisir que j’accepte. (…). La date du 26 septembre s’inscrit en étape fondatrice de la marche du peuple centrafricain vers son avenir qui sera fait de sécurité, de paix, de cohésion sociale, de vivre-ensemble et de développement dans l’unité, la dignité et le travail », a déclaré Faustin-Archange Touadéra à ses milliers de partisans au stade omnisport de Bangui ce 26 septembre 2020. C’était le dernier jour du congrès du Mouvement Coeurs Unis (MCU), parti au pouvoir, et ses délégués venaient d’investir le président sortant comme candidat à la présidentielle du 27 décembre. Le président Touadéra a profité de cette tribune pour vanter son action à la tête du pays en mettant en avant plusieurs chantiers, dont celui de la reconstruction de l’armée centrafricaine ou le désarmement de plusieurs milices grâce notamment au Programme national de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (PNDDRR). Parmi les promesses de campagne du président-candidat figure la poursuite de la mise en oeuvre de l’accord de paix de 2019, alors même que cet accord fait l’objet de critiques permanentes de la part de certains ténors de l’opposition. Peu importe, le président Touadéra marque sa ferme volonté de mener à son terme le dialogue entamé avec certains groupes rebelles en vue de promouvoir la paix. D’où cette déclaration solennelle de sa part : « Je m’engage à parachever le processus de mise en oeuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation de 2019. Je tiens à souligner avec force que ceux qui entravent la mise en oeuvre de ce processus de paix en paieront le prix fort. » Bien que la bataille pour la présidentielle s’annonce rude et la compétition féroce, l’actuel président fait preuve d’optimisme sur l’issue de ces élections. « Nous avons tous les atouts pour gagner l’élection présidentielle dès le 1er tour, et surtout pour obtenir une majorité confortable à l’Assemblée nationale », a indiqué M. Touadéra lors du congrès du MCU. S’il a vu cette probabilité se renforcer avec l’invalidation par les juges de la Cour constitutionnelle de la candidature de l’ex-président François Bozizé, il doit malgré tout croiser le fer avec 16 autres présidentiables dont Anicet-Georges Dologuélé et Martin Ziguélé, deux anciens Premiers ministres, ainsi que Catherine Samba-Panza, présidente de la République de transition de 2014 à 2016. En cas de réélection, M. Touadéra souhaite continuer sur sa lancée afin de récupérer les deux tiers du territoire encore aux mains des milices armées. Cette ambition constitue l’un de ses objectifs fondamentaux et un véritable défi à relever pour la période 2021-2026. Enfin, le candidat Touadéra a aussi manifesté la volonté de poursuivre le chantier de réparation des erreurs commises par les prédateurs de son pays. Parmi ses atouts, le soutien à son pays de la communauté internationale, qui a contribué au financement du plan national de Relèvement et de consolidation de la paix en Centrafrique (RCPCA) pour la période 2017-2021 à hauteur de 1 300 milliards de FCFA. M. Touadéra peut aussi se féliciter d’avoir permis le retour de l’autorité de l’État et d’avoir contribué à la baisse de la violence, que confirme la force onusienne MINUSCA : la RCA est passée de 1 700 personnes tuées au second semestre 2018 à moins de 900 à la même période en 2019, soit une baisse de près de 50 %, et cette tendance devrait se renforcer. Le président Touadéra a aussi réussi à consolider la sécurité du pays grâce à une série de livraisons d’armes aux forces armées centrafricaines (FACA) par la Russie malgré l’embargo sur les armes qui frappe son pays depuis 2013. En outre, s’agissant de la Russie, le président souligne qu’elle apporte aux FACA – au même titre que l’Union européenne à travers l’UETM – une expertise dans leur restructuration « pour leur permettre d’assurer la protection de la population et de nos institutions ».

Serge-Henri Malet

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