logo

Production Agricole: Une puissance agricole en devenir ?

En Guinée, la croissance du secteur agricole, pourtant supérieure à la croissance démographique, pourrait être encore plus forte compte tenu du potentiel de ce pays. Mais à ce jour, elle reste limitée par des contraintes macroéconomiques et un manque de structuration.

Les différentes politiques nationales de développement agricole ont tenté de lever ou d’atténuer les contraintes macroéconomiques pesant sur le secteur agricole et sur son manque de structuration en améliorant l’efficacité des exploitations familiales et de l’entrepreneuriat agricole ainsi que l’accès aux marchés, tout en assurant une gestion durable de l’environnement. Pour atteindre ces objectifs, elles se sont appuyées sur des dynamiques d’investissement privé, de production et de recherche de productivité. Le défi majeur de ces politiques est le passage d’une agriculture d’autosubsistance à une agriculture de marché, et c’est dans le cadre de cette évolution que le secteur privé a un rôle essentiel à jouer, car l’État ne peut soutenir financièrement toutes les initiatives, tous les secteurs, toutes les localités en même temps et sans considération de critères d’efficacité. Un critère simple d’efficacité, dans cette période où les financements sont insuffisants par rapport aux besoins et où il faut absolument favoriser la croissance, est le choix de soutenir essentiellement les dynamiques économiques qui démarrent. Cela concerne la production vivrière de riz, céréales, tubercules, banane plantain et légumineuses alimentaires, la diversification de la production alimentaire de fruits et légumes, et enfin les productions d’exportation comme l’ananas, la pomme de terre, le café, le cacao, l’anacarde, l’hévéa, le palmier à huile, etc. La dynamique dépend de facteurs tels que le niveau de développement des infrastructures de production et de transport, le fonctionnement des marchés, les potentialités de production du milieu ainsi que la capacité d’initiative des sociétés agricoles tant au niveau des collectivités locales – communes rurales – qu’au niveau de l’initiative privée : organisations paysannes, entrepreneurs, commerçants. Dans les conditions actuelles, on peut envisager quatre dynamiques. La première est d’induire une diversification bien ciblée en Guinée maritime avec le riz de mangrove, les fruits et légumes, l’anacardier et le palmier à huile. La seconde concerne la pleine exploitation du potentiel de production de la Guinée forestière : riz de bas-fonds, café, palmier à huile, hévéa et banane plantain. La troisième a trait aux possibilités de débloquer la production cotonnière et de donner de l’ampleur aux cultures de riz des plaines alluviales, de maïs, d’arachide, d’anacarde, d’igname et de manioc en Haute-Guinée. Et enfin, la quatrième renvoie au développement des cultures de céréales et légumineuses comme celles du fonio, du maïs et de l’arachide, ainsi que des cultures maraîchères et fruitières de rente comme celle du café arabica et de la pomme de terre en Moyenne-Guinée. En outre, il conviendrait d’élaborer les mesures d’accompagnement nécessaires à l’efficacité des investissements, notamment l’essor d’un secteur agricole privé dynamique, et ce en améliorant les outils de financement
ainsi que l’environnement législatif et réglementaire pour construire un système viable de financement des producteurs et des professionnels à travers le crédit agricole. Il serait également souhaitable de mettre à niveau les infrastructures socio-économiques du monde rural.

Abraham Kayoko Doré

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

EA Magazine LLB Afrique
Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.
SAVOIR PLUS
ARTICLES RÉCENTS
Contact Info
LLB Afrique
  • 91 Rue FAUBOURG ST HONORE 75008 Paris – France
  • +33 1 42 65 25 52