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Programme Niamey Nyala

Hautement représentative du pays dont elle est la capitale, Niamey fait peau neuve. C’est donc avec une forte ambition de modernité portée par le programme Niamey Nyala qu’a été initié un colossal chantier de transformation urbaine sous la houlette de Mouctar Mamoudou, président de la Délégation spéciale de la ville de Niamey et haut-commissaire du programme. Le président Mahamadou Issoufou s’y est engagé : il veut faire de la capitale un centre d’attractivité économique et culturelle dont le rayonnement s’étendra au-delà des frontières du Niger, et ce en premier lieu pour le plus grand bénéfice des Nigériens eux-mêmes. Une vision aussi large implique évidemment une mise à niveau tous azimuts, qu’il s’agisse de logement, d’accès aux services de base que sont l’assainissement et l’éclairage public, d’amélioration des transports et de la mobilité urbaine, sans oublier l’essor économique escompté avec son cortège de création d’emplois, le tout devant s’inscrire dans la durée avec un développement pensé et maîtrisé. Pour coordonner et animer ce gigantesque projet, il a été fait appel à un urbaniste aménagiste spécialisé en ville et développement, Mouctar Mamoudou, président de la Délégation spéciale de la ville de Niamey et haut-commissaire du programme Niamey Nyala.

Faire de Niamey le fleuron de la sous-région

Le programme Nyamey Nyala se décline selon 13 axes au rang desquels se trouvent l’assainissement et la salubrité de la ville, la rénovation du centre-ville et de la zone administrative, l’aménagement du plateau de Saguia et la réhabilitation des villages urbains de Gamkallé et Saga, l’aménagement de la corniche Yantala-Gamkallé et du Gountou-Yéna, la création d’un réseau d’échangeurs routiers, l’aménagement de la ceinture verte et de la nouvelle zone industrielle ainsi que la mise en oeuvre de mesures de fluidification du trafic et d’embellissement de la cité. L’idée est de recentrer la ville autour du fleuve Niger, de la rendre jolie, soignée, propice à la douceur de vivre et facile d’accès. Ainsi régénérée, la capitale du Niger deviendra en quelque sorte le symbole de la régénération du pays tout entier, de ces villes attirantes en matière économique et culturelle qui font la renommée d’un pays ou d’une région. À l’horizon 2020, c’est donc une nouvelle silhouette urbaine qui incarnera le Niger nouveau appelé de ses voeux par le chef de l’État. La capitale, point d’arrivée d’une part importante des visiteurs, sera l’illustration du proverbe qui dit : « On n’a pas deux fois l’occasion de faire une bonne première impression ». Bien sûr, pour donner corps à cette représentation lyrique, bien des actions concrètes doivent être entreprises et bien des chantiers engagés : nombre d’entre eux ont déjà donné des résultats visibles. Il faut aussi s’assurer de l’adhésion et de la participation de la population, sans lesquelles rien de ce qui se fait, fût-ce pour son bien, ne serait possible. Cela relève d’un travail de pédagogie et de communication inscrit dans le programme, car il s’agit à la fois d’expliquer le bien-fondé des réalisations projetées que de recueillir les avis et besoins des premiers concernés tout en les éduquant à certains comportements civiques, comme par exemple celui qui consiste à entretenir et respecter la propreté des lieux.

Une identité qui se forge aux ronds-points

Au chapitre des résultats les plus immédiatement perceptibles de la métamorphose en cours figurent les voiries urbaines, et plus précisément les ronds-points, ces « oasis » où l’art et la beauté peuvent s’inviter aux fins d’humaniser et d’adoucir un univers routier souvent peu favorable à l’harmonie. Les sociétés d’État ne s’y sont pas trompées en investissant massivement pour donner à la ville un cachet qui lui soit propre, ce « petit quelque chose » qui la rende unique et l’inscrive à jamais dans les coeurs et les esprits. Qu’on en juge : c’est au financement de la SONIBANK que l’on doit la construction du monument du rondpoint Terrain musulman, à celui de la RAE le monument du rond-point Église, à celui de la SONICHAR le monument du rond-point de l’ENAM, à celui de la SPEN le rond-point Gadafawa, à celui de la LONANI le monument du rond-point de la Liberté, à celui de la CNSS le monument du rond-point Maourey, à celui de la NIGELEC le monument du rond-point qui porte son nom, à celui de la SOPAMIN le monument de la place de la Concertation, et enfin à celui de la SONIDEP le rond-point Rive-droite. La profusion a de quoi surprendre agréablement, mais que seraient ces lieux d’expression esthétique si les rues qui y conduisent ne présentaient pas les mêmes caractéristiques d’exigence de qualité ? Que l’on se rassure, le programme comprend aussi l’aménagement et le bitumage de 70 kilomètres de voirie ainsi que la création d’échangeurs qui fluidifient la circulation.

Une voirie en bon état et des échangeurs pour fluidifier le trafic

Il s’est donc agi de rendre praticables 70 kilomètres de voies structurantes dans la ville de Niamey pour un coût estimé à plus de 24 milliards de FCFA mobilisés par l’État sur financement de la BOAD. L’opération, lancée en janvier 2015 par le président de la République, concerne les voies traversant les arrondissements communaux I, II, III et IV de Niamey. L’exécution des travaux a été confiée à l’entreprise SOGEA/SATOM et leur contrôle et surveillance au groupement de bureaux Art & Génie/TERRABO. La réfection des rues s’est accompagnée d’importants travaux d’assainissement destinés notamment à venir à bout du fléau des inondations pendant la saison des pluies. En cohérence avec les normes de sécurité routière, une nouvelle signalisation a été mise en place. Les aspects environnementaux ont également été pris en considération : des arbres ont été plantés sur le boulevard Tanimoune. Sur les trois échangeurs prévus par le programme, deux étaient sortis de terre durant le premier mandat du président Mahamadou Issoufou. Le premier, en 2 x 2 voix dans les deux directions sur 206 mètres au carrefour du boulevard Mali-Béro et de l’avenue du Zarmaganda, comprend un viaduc. Le second, qui dessert la place des Martyrs et ses voies d’accès, concerne également le boulevard K I87 et la corniche de Gamkallé. Les travaux ont été effectués par l’entreprise China Geo Engineering Corporation International (CGCI) sous la surveillance et le contrôle du groupement de bureaux d’études GERMS-Consulting/AGEIM. Pas moins de 276 emplois ont été créés, dont 246 ont bénéficié à des Nigériens. S’y agrège en outre la construction de l’échangeur Diori Hamani à trois niveaux au carrefour École Diori, avec un passage souterrain de 126 m, celle d’un pont-cadre de 36 m dans l’agglomération du marché Katako pour séparer le trafic à destination du marché de celui en transit, et enfin celle d’un pont à poutres métalliques de 90 m sur le ravin de Gountou-Yéna dans le prolongement du boulevard de la Liberté. Ce chantier englobe l’aménagement du canal de Gountou-Yéna, la réalisation de voies de déviation et de 4 passerelles pour piétons, la création 3 aires de stationnement et enfin la construction d’équipements socio-éducatifs dans les établissements scolaires de la zone du projet. À cela s’ajoute la construction d’un second et d’un troisième pont sur le fleuve Niger.

Éclairer les rues et… les esprits

L’une des avancées les plus spectaculaires de ce programme a probablement trait à l’éclairage public : un événement sportif comme le marathon organisé pour le cinquantenaire de la NIGELEC en septembre 2018 sur les 21 km de voies éclairées entre le rond-point Justice et le stade général Seyni Kountché est là pour en témoigner. Mais il est également question d’éclairer les esprits car la salubrité et l’esthétique d’une ville ne vont pas sans un comportement exemplaire de ses habitants concernant la propreté des abords de leur lieu d’habitation ou de travail ni sans une gestion raisonnable de leurs déchets. La ville ne peut pas tout et, en dépit de ses efforts, elle ne peut enlever des espaces publics que 40 % des 1 000 tonnes de déchets produits quotidiennement, d’où une accumulation qui pourrait être réduite si les habitants faisaient preuve de civisme à cet égard. Pour Mouctar Mamoudou répondant à nos confrères de Niger Inter Magazine, ces questions n’ont rien d’anecdotique ni de superflu mais se révèlent au contraire aussi vitales que l’air que l’on respire. Quels touristes en effet souhaiteraient visiter un dépotoir à ciel ouvert ? Quels hommes ou femmes d’affaires accepteraient avec joie de rouler sur des chaussées défoncées ? Quel être humain lambda garderait un souvenir merveilleux d’un monde de saleté, d’inconfort et de laideur ? Et quel habitant de la ville peut le supporter ? L’on voit bien que tous ces aspects se tiennent et qu’ils n’échapperont pas à l’appréciation des participants au sommet de l’UA prévu en juillet 2019 : si l’on parle de rayonnement international, il y a là une occasion en or pour Niamey de montrer à quel point il est avantageux pour la ville – et le pays – de devenir « Niamey la coquette ».

Andju Ani

Auteur

EA Magazine

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