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Riposte contre le Covid-19 – Côte d’Ivoire: Un plan de soutien économique qui représente 5 % du PIB ivoirien

Pour préserver son économie, le gouvernement ivoirien a mis en place en mars dernier un plan de riposte à la pandémie de Covid-19 d’un montant de 1 700 milliards de FCFA, soit 2,5 milliards d’euros.

L a crise sanitaire du Covid-19 a bouleversé l’ordre économique et financier du monde, perturbant dans presque tous les pays africains tous les calculs de croissance économique. La Côte d’Ivoire, qui a franchi la barre des 15 000 cas confirmés (chiffres d’août 2020), n’échappe pas à cette réalité et, selon le gouvernement ivoirien, « vit désormais avec la maladie ». Dès le mois de mars, il annonçait un plan de soutien économique, social et humanitaire de 2,5 milliards d’euros, soit 1 700 milliards de FCFA, estimant que de nombreux secteurs clés de son économie étaient touchés : les exploitations, en particulier agricoles, les importations, le BTP, le tourisme, le commerce, l’hôtellerie et la restauration, le transport, etc. Devant ce triste constat, feu Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre, avait indiqué que « la croissance du PIB estimée initialement à 7,2 % pour l’année 2020 devrait être revue à 3,6 % dans l’hypothèse d’une pandémie de coronavirus ». Ajoutons que ce plan de soutien économique, qui représente 5 % du PIB ivoirien, s’accompagnait d’un report de trois mois des impôts et taxes pour les entreprises, les petits commerçants et les artisans, d’un fonds spécifique de 100 milliards de FCFA pour le secteur informel et d’un chèque d’appui au secteur privé de près de 150 milliards de FCFA. De façon inattendue, la pandémie de coronavirus en Côte d’Ivoire a modifié les habitudes de nombreux ménages, qui ressentent durement cette crise sanitaire depuis mars 2020. Selon une étude réalisée par l’Institut national de statistiques, avec l’appui technique et financier du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de la Banque mondiale, la majorité des ménages a perçu et ressenti un effet négatif important sur ses activités, quelle que soit la branche d’activité des chefs de ménage. Interrogé en mars dernier sur cette question, Adama Coulibaly, ministre de l’Économie et des Finances, a expliqué que les paiements des factures d’eau et d’électricité seraient reportés de trois mois, sauf pour un million de ménages les plus pauvres qui verrait sa note prise en charge par l’État. Quant aux principales filières de l’économie nationale, notamment le cacao, le gouvernement a décidé de maintenir la rémunération des producteurs malgré la chute des cours. En outre, à l’instar d’autres banques centrales dans le monde, la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) n’est pas restée inactive, prenant dès le mois de mars 2020 une série de mesures pour limiter les dégâts du Covid-19 sur l’économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ainsi, elle a procédé à l’augmentation des ressources mises à la disposition des banques afin de permettre à celles-ci de maintenir ou d’accroître le financement de l’économie : une première hausse de 340 milliards de FCFA a été apportée au montant que la BCEAO accorde chaque semaine aux banques, ce qui l’a porté à 4 750 milliards de FCFA. La BCEAO a aussi décidé de moratoires sur les crédits et de restructurations de dettes opérés par les établissements financiers afin d’aider les entreprises et les ménages à ne pas plonger dans l’endettement mais, au contraire, à bénéficier d’une marge acceptable pour le financement des opérations indispensables. Cette intervention a été accueillie, de l’avis de Daouda Coulibaly, président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI), avec un réel soulagement.

Alain Bouabré

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