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Santé – Mali, Lutte contre le coronavirus : les failles du plan de riposte

Au Mali, qui comptait en juillet dernier plus de 2 000 personnes infectées sur une population de 20 millions d’habitants, les mesures de prévention ont permis de  ralentir la progression du virus. Mais ce plan de riposte contre le Covid-19, qui aurait pu être exemplaire, comporte des failles.

En avril 2020, dans un discours officiel, le président de la République du Mali Ibrahim Boubacar Keita (IBK) avait annoncé la mise en place d’un plan de riposte de 500 milliards de FCFA contre le Covid- 19, à un moment où son pays comptait 87 cas, dont 22 guérisons et 7 décès. Plusieurs mesures avaient alors été mises en oeuvre par le gouvernement, notamment un fonds spécial de 100 milliards de FCFA pour soutenir les familles les plus vulnérables dans 703 communes du pays, la réduction des taxes sur des produits de première nécessité comme le riz et le lait, la prise en charge des factures d’électricité et d’eau pour les ménages nécessiteux aux mois d’avril et mai 2020, la distribution gratuite de 56 000 tonnes de céréales et de 16 000 tonnes d’aliments pour bétail au profit des personnes vulnérables touchées par le Covid-19, etc. En outre, le Mali a lancé le programme « Un Malien, un masque », avec la disponibilité de 20 millions de masques à distribuer faute de pouvoir instaurer un confinement total. Mieux, tous les passagers en provenance des pays où sévit le virus ont été systématiquement testés et mis en auto-isolement pendant 14 jours. Ajoutons que des niveaux d’alerte ont été énoncés par le ministre de la Santé et des Affaires sociales Michel Hamala Sidibé : « Premier niveau : faire en sorte que l’on empêche l’entrée du virus au Mali. Deuxième niveau : détecter la présence du virus et procéder au contrôle de la propagation sur le territoire. Troisième niveau : faire en sorte que l’impact ne soit pas majeur. En outre, nos laboratoires sont prêts, et les différents centres sont préparés pour la prise en charge. » Cependant, ce qui aurait été une belle riposte contre la maladie a malheureusement pris du plomb dans l’aile. D’abord, contre toute attente, en pleine crise sanitaire, les Maliens ont été appelés à se rendre aux urnes dans le même mois d’avril pour le second tour des législatives, sachant qu’outre le coronavirus, la situation sécuritaire dans le pays nourrit également des inquiétudes et ne facilite pas la lutte contre la pandémie. Ensuite, c’est dans ce contexte de crise sanitaire que l’opposition malienne est descendue pendant plusieurs semaines dans la rue pour réclamer le départ du président IBK, qu’il juge incapable d’assurer aux Maliens la sécurité nécessaire face au terrorisme traumatisant dans ce pays. La crise actuelle, qui fait craindre à la communauté internationale que le Mali ne s’enfonce dans le chaos, a déclenché en juin l’invalidation par la Cour constitutionnelle d’une trentaine de résultats aux législatives de mars-avril. Puis cette même Cour constitutionnelle a vu tous ses membres désavoués et remplacés par d’autres. Au 30 juin, le Mali comptait 2 181 cas de Covid-19, dont 116 décès. Fin juillet, on dénombre 2 577 contaminés et 125 décès. Certes, cela peut paraître insignifiant, mais les regroupements de masse sont un grand risque d’exposition à la maladie et affaiblissent le plan de riposte contre elle.

Alain Bouabré

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