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Un avenir prometteur

20 19 s’annonce comme étant une année à marquer d’une pierre blanche pour le Niger, puisque ce pays va accueillir pour la première fois de son histoire dans le courant du mois de juillet – les dates officielles ne sont pas encore arrêtées – un sommet de l’Union africaine, laquelle rassemble 54 États. Pour le président Issoufou, qui a promis de « rendre son tablier » de président en 2021 en ne briguant pas un troisième mandat, c’est une forme de consécration supplémentaire, car le monde et la postérité considéreront sans nul doute qu’il s’honore d’appartenir au cercle très restreint des chefs d’État africains transmettant volontairement le pouvoir à un successeur démocratiquement élu. Politiquement, l’occasion est belle à la fois de lui permettre de soigner sa « sortie » et d’accélérer au passage plusieurs chantiers de construction dans le pays. En effet, aéroport, voie express, routes, hôtels, villas, centre de conférences, etc., sont autant d’infrastructures actuellement en chantier dont la facture s’élève certes à plus de 300 milliards de FCFA mais qui devraient générer près de 6 000 emplois. Une structure dédiée à l’organisation dudit événement dénommée Agence nationale pour l’organisation de la conférence de l’Union africaine Niger 2019 a même été créée par décret présidentiel : la gestion en a été confiée par le
président à l’un de ses proches conseillers, Mohamed Saidil Moctar. Cela dit, le président nigérien ne perd pas de vue que
ses compatriotes vont aussi, malgré tout, regarder son bilan économique en 2021. Ils voudront savoir quels ont été les résultats concrets de la réussite de la levée de fonds effectuée lors de la Conférence auprès des bailleurs organisée à Paris par le Niger les 13 et 14 décembre 2017 en vue du financement du Plan de développement économique et social (PDES 2017-2021) et ayant abouti à une mobilisation dépassant largement les 17 milliards de dollars espérés. Dans cette édition, ce ne sont pas moins de 14 ministres ainsi que de nombreux dirigeants de sociétés du secteur privé et paraétatique qui ont pris la parole pour donner la « température » économique du pays. Á ce titre, on a souvenir que Christoph A. Klinge, chef
de mission du FMI pour le Niger, n’a pas caché son émerveillement face aux progrès accomplis dans la stabilisation de la situation macroéconomique et la stimulation de la croissance : le PIB est en voie d’accélération malgré un environnement extérieur difficile, et il devrait passer de 5,2 % en 2018 à 6,5 % en 2019, favorisé par une bonne campagne agricole et la mise en oeuvre de grands projets d’investissement. Mahamadou Issoufou sait qu’il est à la tête d’un pays émergent producteur d’uranium, le quatrième au plan mondial et le cinquième en termes de réserves (7 % du total), que les réserves de pétrole pourraient passer à 1 milliard de barils et que celles prouvées de charbon minéral dépassent à date les 90 millions de tonnes, dont 70 millions de tonnes à Salkadamna, dans la région de Tahoua, et 18 millions de tonnes à Anou-Araren, alors que d’importants gisements se trouvent sur le site de Solomi, dans la région d’Agadez. Il sait que son pays bénéficie sur l’ensemble du territoire de l’un des rayonnements solaires moyens les plus élevés de la zone CEDEAO, soit 6 kWh/m²/jour avec une durée moyenne de 8,5 heures par jour, ce qui place de facto le solaire au rang de ressource énergétique importante dans tout le pays, alors même que les ressources éoliennes font également partie des plus élevées de la sous-région. Il sait aussi que le potentiel hydroélectrique du Niger est estimé à plus de 278 MW : plusieurs sites propices à l’aménagement de mini-centrales hydroélectriques sur des cours d’eau saisonniers ont d’ailleurs été identifiés. Enfin, il sait que son pays dispose d’importants gisements d’or dans les zones de Liptako et du Djado, et qu’ils sont sous-exploités. Avec un tel potentiel, pourquoi l’avenir du Niger serait-il sombre ?

Par Serge-Henri Malet

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EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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