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Cacao

Ministre d’État, ministre de l’Agriculture et du Développement rural

Comment accélérer la transformation locale ?

Les autorités ivoiriennes souhaitent accroître le taux de transformation locale de cacao, qui ne représente que 33 % actuellement. Le gouvernement pense y parvenir en intensifiant la promotion des investissements privés et en accordant des facilités fiscales.

Pour le premier producteur mondial de fèves de cacao, il n’est pas exclu, selon un rapport de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), que la campagne cacao 2021-2022, prévue à plus de 2 millions de tonnes, puisse chuter de 10 %, comme ce fut le cas l’année dernière. En effet en 2021, la production ivoirienne avait connu une baisse de rendement de l’ordre de 11 % atteignant une production de 667 000 tonnes, contre 740 000 tonnes affichées lors de la saison précédente. Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao, avait subi le même sort, mais avec une baisse de production vertigineuse de 45 %, celle-ci passant de 78 078 tonnes en 2020 à 42 768 tonnes en 2021. Á en croire l’ICCO, ces baisses de rendement chez les deux géants du secteur sont à attribuer aux conditions climatiques. En effet, l’insuffisance de pluie dans les zones de culture a été la cause majeure de cette baisse de production. « Le faible niveau des précipitations  dans les deux pays a contribué au lent démarrage de la récolte, d’où la baisse actuelle des arrivées et des achats en glissement annuel », note le rapport de l’ICCO. La filière cacao, rappelons-le, fait vivre cinq à six millions de personnes en Côte d’Ivoire et représente la part non négligeable de 10 à 15 % dans le PIB ivoirien. Cette denrée constitue également 40 % des exportations. Á ce titre, en 2020, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Économie et des Finances, la filière a confirmé son rang de leader avec un chiffre d’affaires à l’export de 2 971 milliards de FCFA, soit près de 5,4 milliards de dollars. En matière de transformation locale du cacao, les autorités ivoiriennes pensent nécessaire de développer ce volet industriel. Á ce jour, la transformation ne porte que sur 33 % de la production de fèves, mais en améliorant la compétitivité des entreprises de broyage, le gouvernement pense pouvoir parvenir à augmenter ce taux. En effet, les mesures incitatives consistant à intensifier la promotion des investissements privés à travers une plate-forme d’échanges sur les préoccupations relatives à la compétitivité des industriels et à accorder des facilités ou des arrangements fiscaux aux unités industrielles de broyage de cacao devraient permettre aux opérateurs d’utiliser pleinement leur capacité installée. Au-delà du cacao, d’autres filières agricoles faisant l’objet d’expérience pourraient connaître une seconde vie. Á Daloa, dans le centre-ouest du pays, des chercheurs de l’université Jean-Lorougnon-Guédé vont conduire cette année des expériences de culture d’igname associée à l’hévéa dans certaines plantations de cette ville, mais aussi à Yamoussoukro, dans le cadre d’un projet de recherche agroforestière. Cette recherche, lancée le 21 avril, vise à mettre en place des systèmes agroforestiers associant de façon permanente la variété d’igname dite de sous-bois à l’hévéa afin d’augmenter la production sur le marché local de l’igname. Selon l’équipe du projet, l’expérience devrait donner des résultats probants dans deux ans. La vulgarisation de cette nouvelle variété contribuera à réduire l’insécurité alimentaire liée à la culture de l’hévéa.

Louise Bibalou-Durand

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