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édito

Résilience économique et sécurité : une dépendance mutuelle

Résilience économique et sécurité : une dépendance mutuelle

La plupart des économies des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sont en phase de relance. Après l’avènement brutal de la pandémie de Covid-19 au début de l’année 2020, puis des effets de la crise sanitaire mondiale qu’elle a générée, la reprise économique est en marche. En attestent les chiffres du premier trimestre 2021, selon lesquels la croissance s’établit à 3,1 % au Burkina Faso et 3,5 % en Côte d’Ivoire. Autant de raisons qui incitent les chefs d’entreprise et le gouvernement burkinabè à rester optimistes. Le président Roch Marc Christian Kaboré, dans l’entretien exclusif qu’il a accordé à Économies Africaines, précise même que l’activité économique post-Covid-19 devrait aboutir à un taux de croissance moyen de 5,7 % sur la période 2021-2025.

Des indicateurs d’ailleurs proches de ceux du Référentiel national pour le développement (RND), le projet de société du second mandat présidentiel qui remplace le PNDES 2015-2020. Néanmoins, le président du Faso sait que l’embellie économique est tributaire d’une accélération de la digitalisation des services de l’État pour consacrer « l’économie numérique comme moteur de croissance ». Il convient aussi d’accélérer l’industrialisation dans l’agriculture, le textile et la filière pharmaceutique afin de « capturer la valeur ajoutée, intégrer de nouvelles chaînes d’approvisionnement et répondre à une demande nationale et africaine plus importante ». Cependant, le président Kaboré n’ignore pas que tous ces objectifs seront pleinement atteints à la seule faveur d’un climat de réconciliation – un nouveau ministère d’État est même dévolu à cette question –, de cohésion sociale, de paix et de sécurité. Une sécurité intimement liée aux conditions de vie, donc aux questions économiques, d’où l’engagement du chef de l’État à « offrir aux populations, dans les zones à défis sécuritaires, des conditions pour un mieux-être ». En effet, la sécurité reste l’une des plus grandes priorités du président. Après les sentiments d’horreur et de sidération consécutifs à l’attaque qui s’est soldée par plus de 130 morts les 4 et 5 juin dernier dans le village de Solhan, au nord du Burkina Faso, le président a décrété un deuil national de trois jours et pris la ferme décision de remanier son gouvernement en limogeant les ministres de la Défense et de la Sécurité. Ainsi, deux nouveaux ministres ont fait leur entrée, mais le président est monté en première ligne en devenant lui-même, et pour la seconde fois, ministre de la Défense. Il est secondé par un ministre délégué, le colonel-major Aimé Barthélémy Simporé qui, avant cette nomination, dirigeait le Centre national d’études stratégiques du Burkina Faso.

Concernant son profil, une évidence s’impose : qui mieux qu’un militaire de haut rang, respecté et fort d’une carrière étoffée à l’international, serait à même de rassurer vraiment tous ceux qui réclamaient un militaire au ministère de la Défense ? Par ailleurs, outre la parole donnée par notre magazine à douze ministres du gouvernement de Christophe Joseph Marie Dabiré – Économie et Finances, Santé, Agriculture, Économie numérique, Eau, etc. –, chacun  détaillant sa feuille de route pour 2021, les projecteurs ont été braqués sur Bobo-Dioulasso, véritable poumon économique où siègent de nombreuses sociétés industrielles. Les chefs d’entreprise – Saphyto, SOFITEX, Tropic Agro, etc. – nous ont dévoilé leurs objectifs en termes d’investissements visant à renforcer leur outil de production pour un rendement optimal. Quant aux responsables d’institutions – Chambre de commerce, Conseil régional, etc. –, chacun est à pied d’oeuvre pour relancer l’économie de la région, où l’on compte de nombreux projets en cours de réalisation. Enfin, nous avons aussi voulu mettre en lumière les institutions de la zone UEMOA, au premier rang desquelles figurent la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), la Chambre consulaire régionale (CCR) ou encore le Conseil des ministres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA).

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EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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