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Entretien – Administrateur et directeur général du groupe Fidelis

Entretien – Administrateur et directeur général du groupe Fidelis

« Les capacités à offrir des opportunités aux entreprises restent fortes »

Optimiste sur les perspectives de développement de Fidelis Finance, l’administrateur et directeur général du groupe, Abdoulaye K. Sory, dresse le bilan de son plan stratégique « Élan 2021 » grâce auquel, en quatre ans d’exercice, les nouveaux crédits ont été multipliés par 2,5, s’affichant en 2020 à 28 000 millions de FCFA.

Votre plan d’affaires 2017-2021 dénommé « Élan 2021 » va se clôturer cette année. Avez-vous atteint vos objectifs majeurs ?

Abdoulaye K. Sory : À un an du terme du plan d’affaires dénommé « Élan 2021 » qui a été adopté en novembre 2016, Fidelis Finance a fait des progrès significatifs. Les indicateurs d’activités et les performances de rentabilité ont tous évolué suivant les tendances projetées. Ainsi, en quatre exercices, nous avons multiplié par 2,5 le niveau annuel des nouveaux crédits, qui s’affichent à 28 000 millions de FCFA en 2020, alors que les encours de nos prêts aux PME ont crû en moyenne de 15 % par an pour s’élever à 56 000 millions. Le capital social a été porté de 4 592 à 6 200 millions de FCFA, soit une amélioration de 35 %, et le réseau a été renforcé avec l’ouverture de deux nouvelles agences en Côte d’Ivoire, dont celle de Bouaké. Le projet de construction des locaux devant abriter le siège de la société a démarré en novembre 2019 pour une durée de deux ans. Enfin, au cours des dix dernières années, notre établissement a injecté plus de 150 000 millions de FCFA dans le financement des projets des PME au Burkina Faso. C’est dire que la mise en oeuvre du plan d’affaires Élan 2021 va bon train. Toutefois, le contexte de Covid-19 nous amène à réajuster les objectifs de 2021.

Affichez-vous une réelle satisfaction sur l’évolution des indicateurs de performance de la filiale ivoirienne ?

Fidelis Finance Côte d’Ivoire a équilibré ses comptes en 2017, soit deux exercices pleins après le démarrage de ses activités. Notre stratégie sous-régionale est plus à la conquête de nouvelles parts relatives de marché dans ce pays.

Comment Fidelis Finance mobilise-t-il ses ressources destinées au financement des besoins des PME ?

Par son statut d’établissement financier à caractère bancaire, Fidelis Finance n’est pas autorisé à collecter l’épargne du public. Il mobilise ses ressources à au moins 30 % auprès des banques de la place, et à plus de 70 %, auprès des institutions de financement sous régionales ou internationales en Afrique, en Europe ou aux États-Unis. Forte en effet de la qualité de son actionnariat, de sa gouvernance d’entreprise et de sa réputation de bon risque, notre société jouit de la confiance de ses partenaires qui lui prêtent des ressources adéquates et suffisantes pour financer les besoins des entreprises de ses pays d’implantation. C’est le lieu ici de remercier les banques partenaires qui nous font confiance et ces institutions ou fonds d’investissements dont les lignes de crédit accompagnent le développement de nos activités. Je citerai sans être exhaustif la BOAD, la BIDC, le FSA, la BAD, DWM, Lions Head, Symbiotiques, Oickocredit, Incofin, Triple Jump, Blueorchard, la Banque Islamique, Nordfund, etc. Ces partenaires nous ont permis de mobiliser plus de 100 000 millions de FCFA sur les quatre dernières années pour financer les besoins des entreprises.

Quels changements majeurs le Covid-19 va-t-il occasionner sur les activités de Fidelis Finance ?

La nouvelle normalité induite par la pandémie de Covid-19 a nécessité des ajustements structurels et opérationnels au sein de notre société. Dès le premier trimestre 2020, nous avons conduit auprès de notre clientèle une étude empirique qui avait pour objectif de mesurer son degré d’exposition à la crise et d’évaluer les nouveaux besoins induits par celle-ci. Les résultats de cette étude nous ont permis une meilleure mise en oeuvre des mesures d’accompagnement prises par la BCEAO (report d’échéances), un recentrage de nos financements sur nos clients en portefeuille, et enfin la mobilisation de plus de 12 millions d’euros de ressources destinées à accompagner les PME mises en difficulté. Par ailleurs, l’organisation du travail de nos équipes a été modifiée pour faciliter l’observation des mesures barrière, et notre politique de prise de risques a été révisée par le conseil d’administration. Je voudrais saluer le courage et l’abnégation au travail de nos équipes, la confiance que nos partenaires investisseurs ont en la résilience de notre société qui, elle-même, fait preuve d’une bonne capacité d’adaptation et est dotée d’une vision d’entreprise aux fondements solidement ancrés dans son environnement.

En termes de gouvernance, pourquoi avez-vous jugé nécessaire d’instaurer un afterwork mensuel pour célébrer les dates d’anniversaire ou d’autres événements heureux qui marquent la famille Fidelis Finance ?

C’est justement afin de permettre aux membres du personnel de se retrouver en famille et de célébrer ensemble des moments particuliers pour les uns et les autres que le concept de l’afterwork a été élaboré. Il repose essentiellement sur le partage et la convivialité. C’est un excellent moyen de développer des relations cordiales empreintes de respect au sein de l’entreprise, de fédérer les équipes et de célébrer les événements heureux. C’est également l’occasion de présenter les nouveaux collaborateurs et de mieux les intégrer dans la vie de l’entreprise. C’est une occasion pour les cadres et les agents de se côtoyer librement autour de la direction générale. Certaines barrières tombent réellement et laissent place à des instants de réjouissance qui renforcent les liens. En plus de cet afterwork mensuel, des sorties de détente sont également organisées par le bureau de la mutuelle afin de fédérer les membres du personnel et leurs familles dans l’union et la solidarité.

Quelles sont les nouvelles perspectives de développement pour Fidelis Finance dans ce contexte de la pandémie aux rebondissements multiples ?

En dépit de la situation de crise qui se prolonge, il y a de bonnes raisons pour nous d’être optimistes : les capacités de nos pays d’implantation à relancer leurs économies et à offrir de nouvelles opportunités aux entreprises restent fortes. L’économie burkinabè a été très résiliente avec un taux de croissance du PIB de 2,5 % en 2020, et les chiffres du premier trimestre montrent une bonne reprise au Burkina Faso avec 3,1 % et en Côte d’Ivoire avec 3,5 %. Notre établissement est dans la logique de saisir les opportunités de ces rebonds économiques pour accompagner davantage les PME dans leurs efforts de gestion des effets de la crise ou leurs efforts de développement. De nouveaux défis à relever dans le cadre de notre nouveau plan d’affaires 2021-2025.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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