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Entretien – Directeur général de la Filature du Sahel

Entretien – Directeur général de la Filature du Sahel

« Une progression de notre CA est prévue pour 2021 »

Abdoulaye Nabolé, directeur général de la Filature du Sahel (FILSAH), peut se frotter les mains. En 2020, le volume de production de son entreprise s’est élevé à 5 000 tonnes, générant un chiffre d’affaires de 8 milliards de FCFA, en hausse de 14 % par rapport à 2019.

Que faut-il savoir sur FILSAH ?

Abdoulaye Nabolé : La Filature du Sahel, en abrégé FILSAH, est une industrie de transformation du cotonfibre en fil et de transformation des déchets de coton en toile non tissée dont la date de création remonte à juin 1997, mais dont l’opérationnalité est devenue effective en 2000. C’est une société anonyme (SA) de droit privé burkinabè, avec un capital de 2 100 000 000 FCFA. La Filature du Sahel fabrique et commercialise une gamme de trois produits : le fil Open End 100 % coton cardé, le fil classique 100 % coton cardé et la toile non tissée de coton. Les produits FILSAH SA sont certifiés OEKO-TEX et sont présents sur le marché local, sous-régional et international. À partir de janvier 2021, la société a diversifié sa gamme de production. Sa capacité de production installée à ce jour est de 10 000 tonnes de fil par an. En termes d’effectifs, elle comprend 500 travailleurs, dont 35 % sont des femmes. En matière de rentabilité, quel a été en 2020 le niveau du chiffre d’affaires par rapport à 2019, et comment se présentent les tendances du marché du textile pour 2021 ? Notre volume de production s’est élevé en 2020 à 5 000 tonnes de fil, générant un chiffre d’affaires de 8 milliards de FCFA. Ce chiffre d’affaires a progressé de 14 % par rapport à 2019, et les prévisions de rentabilité et de chiffre d’affaires pour 2021 sont également en hausse. En 2019, ce sont au total 1 000 métiers qui ont été mobilisés pour mettre au travail environ 5 000 femmes et jeunes filles dans le domaine du tissage à l’horizon 2020. Quelles ont été les conséquences de cet événement, placé sous le parrainage de FILSAH, en termes de professionnalisation du secteur et d’essor de la transformation du coton burkinabè ? Cet événement placé sous notre parrainage a réellement contribué à professionnaliser ce secteur, conduisant de fait à une transformation accrue du coton burkinabè. Pour preuve, pendant la pandémie de Covid-19, la fabrication de 12 millions de masques de protection a nécessité une importante implication du tissage artisanal, démontrant ainsi sa capacité de résilience et l’importance de son potentiel productif.

Cet événement a-t-il créé plus d’emplois décents dans la filière et véritablement permis de lutter contre la pauvreté ? Pensez-vous que cette opération sera renouvelée ?

Filsah s’est impliquée pour amorcer l’opération et souhaite naturellement une continuité dans cette façon de créer de l’emploi pour lutter contre la pauvreté. Cette initiative, à l’instar de celle lancée il y a 7 ans par l’Ethical Fashion Initiative (EFI), met en valeur le tissage du coton burkinabè, un savoir-faire traditionnel reconnu à l’international sous le nom de Faso Danfani. EFI a mis en relation certains ateliers de tisseurs au Burkina Faso avec des maisons de mode internationales dans le but, justement, d’augmenter les possibilités d’emploi et de valoriser ce savoir-faire traditionnel. Ainsi, au risque de me répéter, en effet, ces initiatives permettent de lutter contre la pauvreté…

La mise en valeur du tissu Faso Danfani par le chef de l’État, qui le porte au quotidien, a-t-elle permis de donner plus de visibilité à ce produit textile ?

En ce qui nous concerne, je crois que les chiffres d’affaires des 5 dernières années sont des indicateurs pertinents à ce sujet. Ils ne cessent de croître.

Pour renforcer votre outil de production, quels ont été vos investissements dans les années passées et qu’est-il prévu à l’avenir ?

D’importants investissements ont été réalisés de 2018 à 2020 pour lancer une nouvelle ligne de production d’une capacité de 5 000 tonnes. Ainsi, en 2018, nous avons investi 537 millions de FCFA, puis 3,2 milliards de FCFA en 2019 et 615 millions de FCFA en 2020. Pour l’avenir, il faut consolider cette tendance de croissance économique.

Le partenariat FILSAH-Air Burkina consistant à assurer la promotion du Faso Danfani par l’intermédiaire du personnel d’Air Burkina a-t-il porté ses fruits en termes de visibilité au niveau sous-régional ?

La pandémie de Covid-19 est venue freiner le déploiement de certaines approches stratégiques de commercialisation. Mais le plus important était de commencer et nous pensons que le meilleur reste à venir. Un retour de la croissance est attendu en 2021.

Quelles sont vos perspectives de distribution sur le marché ?

Si la reprise économique après le Covid-19 se confirme, nous espérons reprendre nos parts de marché à l’exportation, surtout en Europe et au Maghreb.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

Auteur

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Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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