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Entretien – Directeur général de la Société Burkinabè des Fibres Textiles

Entretien – Directeur général de la Société Burkinabè des Fibres Textiles

La SOFITEX se lance dans la vente en ligne

Wilfried A. G. Sidbéwindé Yaméogo, directeur général de la Société Burkinabè des Fibres Textiles (SOFITEX), décrit l’avancement du projet d’investissement du groupe turc Ayka Textile & Investment, qui prévoit de créer des unités de textile à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou.

Depuis la création de la plate-forme de transactions commerciales en ligne e-bolero, la SOFITEX a concrétisé en mars 2021 sa première vente digitalisée. Quel est le niveau d’efficacité, de sécurité et de transparence de cet outil ?

Wilfried Aimé Guillaume Sidbéwindé Yaméogo : Lancée en 1996, e-bolero est une plate-forme qui relie de manière transparente les entreprises à leurs partenaires logistiques et aux institutions financières. Cette solution permet la dématérialisation et la transmission sécurisée des documents d’embarquement de la fibre de coton aux parties prenantes. Outre la rapidité avec laquelle les documents sont transmis dans la chaîne logistique, la technologie repose sur sa capacité de remplacer légalement les documents papier originaux par des versions électroniques signées numériquement et acceptées universellement. Toutes les transactions pour la remise documentaire électronique sont signées numériquement grâce au certificat de sécurité de l’utilisateur, garantissant ainsi la non-répudiation des documents électroniques échangés entre les parties prenantes. Toutes les transactions doivent se faire en ligne sur la plate-forme e-bolero, et les documents imprimés à partir de la plate-forme n’ont aucune valeur juridique. Cette solution génère une traçabilité de bout en bout de toutes les transactions, chaque entreprise pouvant connaître à tout moment le degré d’évolution du traitement de chaque dossier.

Qui étaient les acteurs de la première transaction et quelle était la valeur marchande de cette vente ?

Les parties prenantes de cette première opération étaient la SOFITEX, ITFC (International Islamic Trade Finance Corporation), le client de la SOFITEX Louis Dreyfus Commodities, et enfin CMA CGM, une compagnie logistique. La valeur marchande de cette vente digitalisée s’est élevée à 316 973,03 euros, et les principaux résultats obtenus sont la réduction, voire l’annulation des délais de transmission des documents d’embarquement aux institutions financières – ils étaient généralement de 21 jours minimum –, le règlement sans délai de la facture de vente par le client, la mitigation du risque de perte des documents d’embarquement, et enfin la disponibilité en tout temps des documents pour les parties prenantes sur la plate-forme sécurisée norme ISO 27001/2013.

La SOFITEX envisage-t-elle de renouveler ce type d’opération ?

Au regard des avantages qu’il procure, la SOFITEX compte poursuivre avec ce mode de transaction et souhaiterait étendre l’exploitation de la plateforme e-bolero aux autres banques. La première société d’égrenage de coton biologique en Afrique de l’Ouest a été inaugurée le 30 janvier 2020.

Que va apporter cette unité où l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB) et la SOFITEX sont actionnaires ? Et quelle est la capacité de production de cette usine ?

L’unité de production de coton biologique dénommée SECOBIO et dans laquelle la SOFITEX est actionnaire produit et commercialise du coton-fibre biologique, avec une capacité de production annuelle de 18 000 tonnes. Le marché des produits biologiques est en pleine expansion, notamment avec le développement d’entreprises textiles et de vêtements utilisatrices de coton biologique. La SOFITEX, en partenariat avec l’UNPCB (Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso), se positionne donc pour une occuper une place importante sur ce marché de niche en satisfaisant la demande. Cette activité participe également à la promotion de la politique de biodiversité dans laquelle le Burkina Faso est fortement engagé. La Turquie souhaite, via le groupe Ayka Textile & Investment, installer des unités de textile à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou pour un investissement de 200 milliards de FCFA (305 millions d’euros).

Où en est l’avancement de ce projet ?
Les diligences relatives à l’opérationnalisation du projet A STAR TEXTILE BURKINA se poursuivent. D’ores et déjà, il convient d’acter certains progrès, dont la finalisation des processus d’identification des sites du projet, soit 40 hectares à Ouagadougou, 10 hectares à Bobo-Dioulasso et 5 hectares à Koudougou, ainsi que le bouclage imminent du financement de la première partie du projet, soit 25 millions d’euros pour la mise en place des ateliers de couture industrielle sur les sites de Bobo-Dioulasso et de Koudougou, où ces deux ateliers de couture industrielle devraient permettre d’embaucher chacun 1 500 personnes. Nous sommes également en phase de finaliser la mobilisation du financement auprès de AFREXIMBANK, et le démarrage des travaux de construction des ateliers de couture industrielle à Bobo-Dioulasso et à Koudougou est prévu courant 2021.

Quels sont les facteurs qui ont conduit à fixer le prix au producteur de coton à 240 FCFA le kilo pour la campagne 2020-21 ?

Au Burkina Faso, la fixation du prix d’achat du cotongraine au producteur est réglementée par le mécanisme de lissage qui s’inscrit dans un cadre de gestion articulée du risque-prix et se base sur les niveaux du marché mondial. Ce mécanisme a l’avantage d’être transparent puisque tous les acteurs peuvent implémenter le modèle économétrique, et il est dynamique car il intègre l’évolution future des cours. C’est donc l’application stricte du mécanisme de lissage en ses différents composants, notamment les cours du coton et leur évolution ainsi que l’accompagnement de l’État par les subventions, qui a abouti au niveau de prix de 265 FCFA pour la campagne 2019-2020 et 240 FCFA pour la campagne 2020-2021.

Malgré la subvention de l’État, de l’ordre de 10 FCFA par kilo, ce prix est en baisse de 25 FCFA par kilo par rapport à celui de la campagne précédente. Quelles en sont les raisons ?

Afin d’amoindrir la charge des engrais et des insecticides dans le compte d’exploitation du producteur, l’État a subventionné le prix des facteurs de production du coton conventionnel de la campagne 2020-2021 à hauteur de 15,436 milliards de FCFA. Il est important de noter que ces efforts financiers consentis par l’État burkinabè visent essentiellement à galvaniser les cotonculteurs dans le dur labeur de la production cotonnière, à booster la productivité de leurs exploitations en coton et en céréales et, partant, à améliorer leurs revenus.

Quelles sont vos priorités en 2021 ?

Nos priorités pour la campagne 2021-2022 sont la poursuite de la mise en oeuvre de notre politique de relance dans ses différents compartiments afin d’augmenter la productivité des exploitations et les revenus des producteurs, l’atteinte de nos objectifs de rendement et de production, la poursuite de la modernisation des exploitations des producteurs, et enfin le renforcement de la rentabilité et de la durabilité de la filière cotonnière.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

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