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Entretien – Directeur général de l’Agence des travaux d’infrastructures du Burkina

Entretien – Directeur général de l’Agence des travaux d’infrastructures du Burkina

« Nous avons engagé plus de 32 milliards de FCFA de projets d’infrastructures en 2020 »

Mathieu Lompo, directeur général de l’Agence des travaux d’infrastructures du Burkina (Agetib), détaille les trois grandes priorités de sa structure : réussir les différents projets lancés en 2020, mettre en oeuvre ceux planifiés en 2021 et réussir la signature du contrat-plan avec l’État.

Quel est le bilan des activités de l’Agetib en 2020, année où votre agence célébrait sa décennie d’existence ?

Mathieu Lompo : Nous pouvons dire que le bilan 2020 de l’Agetib est satisfaisant. Nonobstant les difficultés en lien avec la pandémie de Covid-19 et les problèmes sécuritaires que connaît notre pays, les activités de l’Agetib ont enregistré une hausse par rapport à l’année précédente. En effet, nous avons engagé plus de 32 milliards de FCFA de projets d’infrastructures au cours de l’année 2020, contre 22 milliards au titre de l’année 2019, soit le montant annuel engagé le plus élevé de cette décennie d’existence de l’agence. Tout au long de l’exercice 2020, nous avons bénéficié de la confiance renouvelée de nos partenaires : ministère des Infrastructures, FSR-B, CCI-BF, UEMOA, Banque  mondiale, BOAD, Coopération suisse. L’un des projets les plus importants lancés au cours de 2020 porte sur la phase 1 de la modernisation du péage routier de notre pays pour le compte du Fonds spécial routier (FSR-B). La liste de nos partenaires s’est aussi élargie au cours de l’année sous revue avec la signature d’une convention pour la réalisation des pistes rurales dans  la région de l’Est prévue par le Projet sécurité alimentaire de l’Est (PSAE) sur un financement de l’Agence française de développement (AFD). Pour sa décennied’existence, l’Agetib a donc beaucoup de motifs de satisfaction et travaille à mériter davantage la confiance de ses partenaires.

Quelle a été la contribution de l’Agetib dans la réalisation des études techniques, économiques et d’impact environnemental et social de la mise en concession de l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou sur le tronçon d’environ 200 kilomètres Bobo-Dioulasso/frontière de Côte d’Ivoire ?

Dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme  économique régional (PER), l’UEMOA a décidé la réalisation, sur les ressources du Fonds d’aide à l’intégration régionale (FAIR), des études routières permettant de disposer d’informations techniques et financières fiables, nécessaires à la mobilisation des ressources pour les travaux de réalisation d’infrastructures de transports sur le réseau communautaire, notamment les études techniques de l’autoroute Yamoussoukro- Ouagadougou. Les études techniques, économiques et d’impact environnemental et social de la mise en concession du tronçon d’environ 200 km Bobo-Dioulasso/frontière de Côte d’Ivoire, dont le coût s’élève à plus de 1,2 milliard de FCFA, s’y rattachent. Dans cette étude, l’Agetib joue le rôle de maître d’ouvrage délégué pour le compte de la Commission de l’Union économique et monétaire ouestafricaine (UEMOA). Le bénéficiaire est l’État burkinabè à travers le ministère en charge des Infrastructures routières. Notre homologue en Côte d’Ivoire, l’Ageroute Côte d’Ivoire, assure la même mission avec l’UEMOA sur le dernier tronçon de ce projet autoroutier en territoire ivoirien. En notre qualité de maître d’ouvrage délégué et en rapport avec le bénéficiaire et le maître d’ouvrage, nous assurons la gestion administrative, financière et technique de cette étude. À cet effet, nous nous sommes attaché les services d’un consultant international qui conduit les études sous notre supervision depuis janvier 2019. L’étude est subdivisée en trois phases qui font chacune l’objet d’une validation : la phase préliminaire, la phase d’avant-projet sommaire (APS) et la phase d’avant-projet détaillé (APD).

Votre défi de faire de l’Agetib une agence orientée vers l’extérieur va-t-il se concrétiser en 2021 au niveau du marché sous-régional de la zone UEMOA ou de la CEMAC ?

Forte d’une expérience de plus de 10 ans dans la gestion des projets au niveau national, l’Agetib est confortée pour prospecter les marchés au niveau de la sous-région. Pour cela, elle a mis en place un système de management de la qualité afin d’être plus  performante et d’obtenir la certification à la norme ISO 9001 2015. Le plan stratégique de l’Agetib en cours d’élaboration a déjà pris en compte cette volonté de s’exporter, et les bases pourront être jetées au cours de l’année 2021.

Pour 2021, début du second quinquennat du président Kaboré, quels sont vos projets prioritaires ?

Nous avons trois grandes priorités. La première est de réussir le parfait achèvement des différents projets lancés au cours de l’année 2020. Ces projets sont la réalisation des travaux d’aménagement de voiries urbaines et des canaux de drainage d’eaux pluviales pour les villes de Ouahigouya et de Koudougou dans le cadre de la mise en oeuvre du Projet de transport et de développement des infrastructures urbaines (PTDIU) sur financement de la Banque mondiale, la réalisation des travaux de réhabilitation et d’extension du port sec de Bobo-Dioulasso pour le compte de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) sur co-financement de la BOAD, de la BOA et de Coris Bank International, et enfin la réalisation des travaux de construction de trois postes de péage routier modernes au profit du Fonds spécial routier du Burkina à Tintilou (Ouagadougou sortie Bobo), à Boudtenga (Ouagadougou sortie Fada) et à Kotédougou (Bobo sortie Ouagadougou). Notre deuxième priorité est de réussir la mise en oeuvre des différents projets planifiés pour 2021 : réalisation des travaux de bitumage de 60 km de voirie urbaines entrant dans le cadre du 11 décembre 2021 dans les villes de Ziniaré, Zorgho et Boussé, région du Plateau central, sur financement du budget de l’État 2021, et réalisation des travaux d’aménagement d’environ 200 km de pistes rurales dans les régions de la Boucle du Mouhoun et de l’Est ainsi que d’environ 30 km de canaux d’assainissement des eaux pluviales pour la ville de Fada N’Gourma dans le cadre de la mise en oeuvre du PUDTR sur financement de la Banque mondiale. Nous allons également réaliser les travaux de réhabilitation, d’aménagement et de bitumage des voies d’accès au port sec et de l’avenue Châlons-en- Champagne à Bobo-Dioulasso sur financement du FSR-B. Enfin, notre troisième priorité est d’avoir la signature du contrat-plan avec l’État et l’approbation en Conseil des ministres de la modification du capital de la société tel qu’autorisé lors de l’assemblée générale des sociétés d’État en juin 2020.

Propos recueillis par Paul de Manfred

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