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Entretien – Directeur général de l’Agence d’exécution des travaux eau et équipement rural

Entretien – Directeur général de l’Agence d’exécution des travaux eau et équipement rural

« La réhabilitation de plusieurs barrages est à finaliser en 2021 »

Ibrahim Yanogo, directeur général de l’Agence d’exécution des travaux eau et équipement rural (AGETEER), détaille les avantages de l’aménagement du périmètre irrigué finalisé dans la région de la boucle du Mouhoun.

Quel est le bilan de l’AGETEER en 2020 ?

Ibrahim Yanogo : En termes de bilan de l’année écoulée, nous notons un niveau satisfaisant de réalisation du programme d’activités avec l’achèvement des quatre projets phares que sont notamment la construction de magasins complémentaires financée par l’UEMOA, le programme d’aménagement hydraulique multi-usages réalisé sur financement UEMOA, le projet BID-UEMOA d’hydraulique et d’assainissement en milieu rural, et enfin l’approvisionnement en eau potable des sites d’accueil des populations déplacées de la plate-forme aéroportuaire de Donsin financé par le Royaume de Belgique. En outre, notre pari de démarrer les travaux de réalisation du barrage de Sanguin a été gagné avec la mobilisation de l’entreprise sur le chantier. Il faut préciser que ces résultats ont été atteints dans un contexte sécuritaire difficile ayant entraîné l’arrêt de la construction du barrage de Bambakari/Tin-Akoff dans le Sahel, sans oublier les conséquences de la crise sanitaire avec la pandémie liée au coronavirus. Cette crise a eu un impact négatif considérable sur la mise en oeuvre de certains projets.

Pour 2021, avez-vous un aperçu de votre programme de projets à finaliser ?

Au titre de l’année 2021, il est prévu d’achever le projet de réhabilitation des barrages et d’aménagement de périmètres et de bas-fonds dans plusieurs provinces : le Boulkiemdé, le Ziro, le Sanguié et les Balé. Ce projet est financé par la BOAD. Concernant le barrage de Sanguin, nous projetons d’atteindre un niveau de 50 % d’exécution physique. Nous prévoyons également l’achèvement des autres conventions en cours de signature avec le ministère en charge de l’Eau, notre ministère de tutelle technique. Il faut souligner que des efforts considérables sont déjà fournis par ce ministère en vue d’accorder  de nouvelles conventions à l’agence, malgré l’insuffisance des inscriptions au budget 2021. D’ores et déjà, nous enregistrons la signature de la convention relative à la construction du barrage de Dawelgué et celles en cours pour l’exécution des travaux de réhabilitation des barrages de Tuiré et de Mogtédo. Nous sommes également en négociation pour la signature d’une convention de réhabilitation d’urgence de barrages et la réalisation de postes d’eau autonomes. Ces travaux visent à mieux gérer les pénuries d’approvisionnement en eau potable dans les quartiers périphériques des grands centres urbains et à mettre en sécurité des barrages qui menacent de rupture si des travaux de confortation ne sont pas réalisés avant la saison pluvieuse. Ces nouvelles conventions acquises vont sans doute accroître notre résultat prévisionnel et contribuer à l’amélioration de la situation financière de l’agence.

Dans la boucle du Mouhoun, quelles sont les caractéristiques de l’ouvrage hydraulique et d’assainissement visant à autonomiser les femmes dans le cadre du projet BID-UEMOA ?

Le périmètre irrigué réalisé dans le village de Passakongo dans le cadre du projet BID-UEMOA et exploité par les femmes réunies au sein du groupement ANAMI a eu un impact très important sur la production agricole du groupement féminin, qui s’en réjouit. Alimenté par un forage de 5m3/h de débit d’exploitation, le périmètre irrigué de Passakongo, d’une superficie d’un hectare, a été réalisé à partir des techniques d’irrigation à basse pression avec la technologie Spray Tube en association avec le goutte-à-goutte. L’ensemble peut être modifié en système semi-californien en cas de défection des deux précédents systèmes. Il permet d’avoir une production de maïs en deux campagnes en hivernage, de mai à octobre, et des cultures maraîchères de novembre à février. Cette production est associée à une plantation de 140 pieds de papayers irrigués au goutte-à-goutte, et fournit également plus de 18 000 pieds de plans agroforestiers et fruitiers sur une pépinière de 1 000 m2. D’un coût global d’environ 24 millions de FCFA, l’aménagement de ce périmètre permet aux exploitantes de réaliser un flux financier brut de plus de 8 millions de FCFA chaque année à partir de la production de maïs, d’oignon et de papaye ainsi qu’avec la pépinière forestière.

En 2021, quelles sont vos priorités ?

En dépit du contexte sécuritaire et sanitaire difficile, nous sommes toujours engagés dans la dynamique de consolidation des acquis de l’agence et de sa mission : « assurer la réalisation d’ouvrages hydrauliques et d’équipements ruraux de qualité, dans les meilleures conditions de coût et de délais, et fournir une assistance technique adaptée aux besoins des entreprises oeuvrant dans le secteur». La réussite de cette mission passe par une meilleure opérationnalisation de certains outils de gouvernance. Á ce titre, nous avons entrepris au titre de l’année 2021 l’actualisation de notre plan stratégique arrivé à terme en 2018. Ce plan révisé va nous conduire à négocier avec l’autorité un contrat-plan, ce qui garantira un minimum de portefeuille à l’agence. Au niveau managérial, nous avons prévu l’élaboration du plan de carrière des salariés et des activités de renforcement de leurs capacités. L’élaboration de ce plan vise la mise en place d’un mécanisme de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences disponibles et la description des passerelles d’évolution des postes de travail des agents de l’AGETEER. Il constituera également une source de motivation et de fidélisation du personnel et permettra de mieux le mobiliser pour l’atteinte des objectifs de l’agence.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

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