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Entretien – Directeur général d’Orange Burkina Faso

Entretien – Directeur général d’Orange Burkina Faso

« Nous venons de lancer la fibre et préparons l’arrivée d’autres services innovants »

Mamadou Coulibaly, directeur général d’Orange Burkina Faso, passe en revue les investissements engagés en 2021. Y figurent l’économie verte, avec Orange Énergie, et le monde paysan, avec « GARBAI », un centre d’appel qui fournit des conseils pour l’agriculture et l’élevage.

Après l’acquisition d’Airtel Burkina en mars 2017, vous êtes devenu le numéro un du marché de la téléphonie mobile en moins de deux ans. Quelle stratégie avez-vous mise en oeuvre pour atteindre cet objectif ?

Mamadou Coulibaly : À l’arrivée de la marque Orange au Burkina Faso, nous nous sommes engagés à être un acteur majeur de la transformation numérique et de l’inclusion financière. Pour tenir ces engagements, nous avons d’entrée mis un fort accent sur la qualité des services. Nous avons ainsi consenti un investissement conséquent à la modernisation et à l’extension de notre réseau. En parallèle, nous avons profité du capital expérience du groupe Orange, notamment sur les marchés de la sous-région. Cette synergie contribue au renforcement non seulement des capacités opérationnelles des équipes, mais aussi du dispositif de prise en charge de nos clients.

Dès 2017, Orange Burkina a indiqué vouloir investir 14 % de son chiffre d’affaires pour assurer la transformation complète des équipements. Comment ces investissements se sont-ils traduits dans les faits ?

Nous avons effectivement investi plus de 14 % de notre CA pour rester en cohérence avec nos priorités stratégiques. Il s’est agi principalement d’investissements pour moderniser notre coeur de réseau et étendre notre couverture afin de répondre efficacement aux besoins du marché aussi bien sur le service voix que sur l’Internet mobile et fixe. Nous avons par ailleurs procédé à la construction de notre propre réseau de fibre optique, long de plus de 3 800 km, pour mieux répondre aux besoins de notre marché. Au-delà de l’agrégation du trafic domestique et de son acheminement vers nos différents Datacenters à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, ce réseau nous assure de façon permanente une connectivité aux câbles sous-marins (ACE, MainOne) pour le trafic international via la Côte d’Ivoire, le Ghana et, bientôt, le Mali.

En 2019, en renouvelant vos licences 2G/3G, vous avez acquis la licence 4G+ pour une durée de 15 ans. Stratégiquement, qu’est-ce que cela représente pour Orange ?

La pénétration croissante de l’Internet mobile et des smartphones dans nos pays nous démontre la nécessité d’aller vers des solutions de connectivité adaptées aux besoins d’utilisation des populations. Dès notre arrivée sur le marché burkinabè, nous avons affiché notre volonté d’offrir la 4G à nos abonnés, parce que l’innovation fait partie de notre ADN. À cet effet, nous avons acquis une licence technologiquement neutre.

Que représentent le service Orange Money Burkina, élément moteur de la croissance d’Orange Burkina Faso, et la carte Visa Orange Money associé à UBA ? Avez-vous développé des produits tels que la micro assurance ou le micro-crédit avec ce service ?

Il est important de préciser qu’Orange Money est une  société distincte d’Orange Burkina Faso, qui est orientée GSM. Les deux appartiennent au même groupe Orange, mais leurs fonctionnements ne sont pas liés en local. Le poids du service Orange Money Burkina dans la vie de chaque Burkinabè est très important, car il facilite la vie de millions de citoyens qui ont décidé de lui faire confiance. Cette marque de confiance se traduit par le leadership d’Orange Money sur le segment de l’argent mobile au Burkina Faso. Concernant la carte VISA, il faut dire que nous sommes très satisfaits des premiers résultats et du très bon accueil réservé par les Burkinabè à ce produit innovant. Enfin, pour les produits de micro-assurance, nous avons plutôt à ce stade des partenariats avec des compagnies d’assurance. Ces conventions permettent à nos clients de souscrire assez facilement, via Orange Money, certaines polices d’assurance, ou de payer des produits d’assurance tels que la rente éducation et les cotisations de retraite complémentaire.

Dans le contexte de relance économique que connaît le Burkina Faso, qui prévoit un PIB réel de 7,00 % en 2021, contre 2,5 % en 2020, comment l’opérateur Orange va-t-il accompagner ce mouvement ?

Nous n’avons pas d’autre choix que d’investir, car nous devons consolider notre place de leader du marché, satisfaire nos clients et continuer à contribuer à l’économie du pays. L’investissement a d’ailleurs été dès le lancement de la marque l’un de nos engagements. Nous resterons donc fidèles à cette ligne et ferons encore plus cette année afin d’accélérer l’inclusion numérique et financière des populations et de soutenir la relance économique. Au-delà des investissements dans nos fondamentaux dont le réseau, il est important de renforcer l’investissement dans le digital et la relation client. La crise du Covid-19 nous démontre toute la nécessité d’une transformation digitale à tous les niveaux dans nos administrations et dans notre quotidien. Nous devons nécessairement repenser notre façon de travailler, de servir nos clients. Chez Orange, en plus d’Orange Money et de la carte VISA qui permettent de digitaliser les flux monétaires, nous venons de lancer la fibre optique. Cette technologie offrira une connectivité à très haut débit fixe, permettra aux entreprises d’améliorer leur productivité et aux ménages de vivre de meilleures expériences. Dans la même dynamique, le groupe Orange prépare l’installation d’Orange Bank Africa, sa filiale bancaire, dont les activités commerciales ont été lancées avec succès en Côte d’Ivoire le 23 juillet 2020. Cette banque digitale apportera des solutions concrètes pour simplifier l’accès aux services bancaires de toutes les couches sociales de la population, sans conditions de revenus. En plus des offres et services, nous avons aussi digitalisé notre expérience client. Nous avons ainsi donné aux clients le pouvoir avec l’application « Orange et Moi », un puissant outil d’autonomisation du client dans l’usage de son numéro Orange. Nous avons renforcé notre assistance sur les réseaux sociaux, mis en place une boutique en ligne, des efforts qui nous font aujourd’hui afficher un taux de digitalisation des interactions clients de 45 %. Et nous n’oublions pas le monde paysan, car avec le ministère des Ressources animales et halieutiques et la SNV, nous avons lancé le service « GARBAl », un centre d’appels qui fournit des informations et des conseils dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage. À court terme, nous envisageons la mise en place d’un marketplace pour faciliter les échanges entre les producteurs et leurs clients. Enfin, pour accompagner l’économie du Burkina, nous nous investissons également dans l’énergie verte car, comme vous le savez, l’énergie représente une ressource stratégique. Nous avons ainsi lancé Orange Énergie, une solution  d’accès simple à l’énergie solaire partout au Burkina Faso à des tarifs adaptés. Tous les éléments de cette approche contribueront à rendre l’économie burkinabè plus agile, dynamique et en phase avec le monde.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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