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Entretien – Ex-directeur général du Fonds spécial routier du Burkina

Entretien – Ex-directeur général du Fonds spécial routier du Burkina

« Il faut injecter 70 milliards de FCFA par an pour l’entretien du réseau routier »

Nommé récemment conseiller technique du ministre des Infrastructures et du Désenclavement et président du conseil d’administration de l’Agence des travaux d’infrastructures du Burkina (AGETIB), Adama Ouédraogo revient sur les réalisations fortes qui ont marqué son mandat à la tête du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B).

Depuis 2018, quel a été l’impact du vaste projet de modernisation du péage routier par la construction de postes de dernière génération ? En 2019 et 2020, les recettes collectées ont-elles dépassé les 6,628 milliards de FCFA de 2018 ?

Adama Ouédraogo : Le Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B) est un fonds de deuxième génération qui, pour le financement de la construction et de l’entretien routiers, a pour mission principale la mobilis ation des ressources liées à l’usage de la route : le péage routier et la taxe sur les produits pétroliers. En vue d’accroître le taux de recouvrement des recettes du péage, dont le potentiel reste très élevé, le FSR-B envisage la modernisation progressive de l’ensemble des postes de péage, soit 42 sur le territoire national Á ce titre, une étude de modernisation des sept postes les plus rentables a été réalisée par le Cabinet africain d’études et de maîtrise d’oeuvre (CAEM). Il s’agit des postes Ouaga sortie Fada, Ouaga sortie Bobo, Bobo sortie Ouaga, Ouaga sortie Po, Bobo sortie Banfora, Yendéré frontière de Côte d’Ivoire et Bitou. Á la suite de cette étude, Son Excellence Monsieur le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré a procédé, en septembre 2020, au lancement des travaux de construction des trois premiers postes à Bobo-Dioulasso pour un coût global  d’environ 14 milliards de FCFA. En attendant l’impact sur les recettes de ce vaste projet de modernisation, il est à souligner que l’amélioration des conditions de travail des agents affectés au recouvrement des recettes depuis leur transfert au FSR-B en 2018, la sensibilisation des usagers au paiement de la taxe de péage, la sécurisation des tickets et enfin les contrôles ont permis de relever le niveau des recettes de péage, qui sont passées de 6,628 milliards de FCFA en 2018 à 7,656 milliards en 2019 et à 8,072 milliards en 2020, soit une progression de 21,78 % en trois années de gestion.

Quelle était la nécessité pour la direction générale du FSR-B de mettre en circulation de nouveaux tickets de péage routier en 2020 ?

Le Fonds spécial routier du Burkina a procédé depuis le 1er février 2020 à la mise en circulation de nouveaux tickets de péage routier en remplacement des anciens tickets hérités de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP), qui assurait la gestion du péage avant le transfert en 2018. Ce changement, qui fait partie des réformes entreprises par le FSR-B, était plus que nécessaire dans la mesure où les anciens tickets portaient toujours le logo de la DGTCP, et il vise principalement à sécuriser encore les tickets pour éviter les fraudes éventuelles, ce qui impactera certainement le niveau  de collecte des recettes. Il faut noter qu’à terme, avec la modernisation des postes de péage en cours, ces nouveaux tickets seront progressivement remplacés par d’autres, plus sécurisés.

La totalité du réseau routier est-il concerné par les 100 milliards de FCFA levés pour le Programme national d’entretien routier (PER) qui prend fin en 2023, ou faudra-t-il lancer un second processus d’appel de fonds auprès des banques locales ?

Conformément au Programme d’entretien routier (PER), il faut injecter en moyenne 70 milliards de FCFA par an pour maintenir le réseau routier du Burkina Faso, qui est constitué de 15 272 km de routes classées et de plus de 46 000 km de pistes rurales dans un état de praticabilité acceptable. Vous comprenez aisément que le montant de 100 milliards de FCFA levé auprès de sept banques locales en 2018 pour une maturité de sept ans ne pouvait pas couvrir les besoins en termes de travaux d’entretien. Cette première levée de fonds était donc destinée au financement partiel du PER. C’est pour cette raison qu’a été prévue, dans la convention, une possibilité de refinancement au bout de quelques années de remboursement. Rappelons que Son Excellence Monsieur le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré a, dans son programme, accordé une place très importante au développement des infrastructures routières du Burkina, ce qui nécessite beaucoup de ressources financières. De ce fait, pour le financement de la deuxième phase du PER, le FSR-B prévoit de solliciter une fois encore l’accompagnement des banques locales pour une seconde levée de fonds d’un montant de 200 milliards de FCFA. Tout comme la première phase, elle sera adossée sur les recettes de la TPP. Les discussions ont déjà commencé avec deux banques, la Société Générale Burkina Faso et Coris bank International, qui joueront le rôle de chefs de file. La signature de la convention interviendra en juillet 2021.

Quelles sont les priorités du Fonds spécial routier en 2021 ?

Les priorités du FSR-B demeurent la consolidation des acquis, notamment les réformes entreprises depuis 2016, afin que la structure puisse jouer réellement son rôle de fonds de deuxième génération, un instrument au coeur du développement des infrastructures routières au Burkina Faso. Nous envisageons également d’ouvrir de nouveaux postes de péage et de finaliser les travaux de construction des trois postes de péage modernes entamés en 2020 (Ouaga sortie Fada, Ouaga sortie Bobo, Bobo sortie Ouaga) et le processus de levée de fonds de 200 milliards de FCFA que je viens d’évoquer.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

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