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Entretien – Maire de la ville de Ouagadougou

Entretien – Maire de la ville de Ouagadougou

« 2021 est l’année charnière de la fin de notre mandat »

Le budget de fonctionnement de la capitale Ouagadougou s’élève à 40 milliards de FCFA en 2021, contre 38 milliards en 2020. Le maire de la ville, Armand Roland Pierre Béouindé, détaille son programme d’actions 2021 portant sur un grand nombre d’investissements tels que la construction d’infrastructures sanitaires et d’établissements scolaires ou encore le déploiement des transports collectifs.

Les élections législatives couplées à la présidentielle ont pu avoir lieu malgré la forte opposi tion des députés pour raisons sécuritaires. En revanche, quels sont les motifs qui ont conduit le Conseil des ministres à reporter d’un an les élections municipales ? Pour la majorité municipale MPP, ce report est-il justifié ?

Armand Roland Pierre Béouindé : Je suis très heureux de vous accueillir à Ouagadougou et de pouvoir partager avec vous la chaleur et l’énergie de notre chère capitale. Le report des élections municipales est une décision qui a été naturellement prise par nos autorités au regard de la nécessité de les organiser de façon optimale. En effet, il y a des réformes préalables à engager pour consolider la décentralisation et la démocratie locale. Nos autorités ont aussi souhaité prendre en compte le nouveau paysage politique résultant des élections présidentielle et législatives du 22 novembre 2020.

Á combien s’élève le budget 2021 de la mairie de Ouagadougou qui a été adopté ?

Est-il plus élevé que celui de 2020 ? Un budget est toujours lié à un programme, lui-même décliné en un plan d’action. Pour une métropole comme Ouagadougou, qui est en mouvement et en pleine expansion, il va de soi que le budget évolue d’année en année. De manière logique, cette évolution est plus souvent à la hausse qu’à la baisse. Nous effectuons un arbitrage serré et transparent pour optimiser les charges. Nous menons aussi un travail important de mobilisation de partenaires et de plaidoyer auprès du gouvernement pour nous permettre de financer le budget de la mairie de Ouagadougou. Pour cet exercice, notre budget est de 40 milliards de FCFA. Il était de 38 milliards l’année précédente.

Avez-vous des raisons de vous réjouir du bilan de votre municipalité en 2020 par rapport à 2019 ? Toutes les infrastructures (écoles, lycées, centres sportifs, etc.) qui étaient prévues dans la commune ont-elles effectivement été érigées ?

Pour nous, il est moins question de se réjouir qu’il n’est question d’améliorer sans cesse notre bilan. Nous devons, dans une logique de redevabilité, tenir nos engagements vis-à-vis des populations de Ouagadougou et améliorer sans cesse les services de la commune à leur endroit. Qui dit service dit aussi infrastructures, installations, prestations administratives, etc. La grande majorité des projets prévus a été réalisée et nous sommes même allés au-delà de ce qui avait été planifié. Notre baromètre de satisfaction réside dans le retour que nous font nos administrés. Pour l’instant, ce retour est essentiellement positif.

Au niveau politique, le ralliement du premier parti de l’opposition au MPP conforte-t-il la majorité municipale dans la gestion de la commune ?

Il est important d’éviter de confondre la gestion de l’administration publique de la commune de Ouagadougou avec les intérêts partisans. Il est vrai que je suis cadre militant du MPP. Toutefois, en tant que maire, je suis au service des intérêts de tous les habitants de Ouagadougou, quelle que soit leur appartenance politique. La gestion de la commune est effectuée par des femmes et des hommes de qualité avec lesquels j’ai plaisir à travailler. La compétence d’abord. En tant que cadre du MPP, je me réjouis naturellement de ce ralliement de taille au sein de la majorité politique et je le vois comme un point positif pour le pays. C’est la preuve que le programme de développement proposé par le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré n’est pas partisan mais national et patriotique. Concernant les municipales de 2022, comment analysez- vous l’apport de ce nouvel allié dans la bataille des élections locales à venir ? Sur un plan purement politique, il va sans dire que tout ralliement à notre formation politique est un avantage électoral significatif. Mais je demeure attaché au service et engagé pour la satisfaction de l’ensemble de la population ouagalaise. J’ai une culture du résultat que je partage avec mon équipe et nous sommes sur le terrain, au travail, pour les habitants de Ouagadougou.

En 2021, quels sont les investissements prioritaires que vous allez mener dans la commune de Ouagadougou ?

L’année 2021 est l’année charnière de la fin de notre  mandat, mais nous avions constitué un portefeuille actif de projets inscrits dans le programme d’activité. Tout d’abord, le démarrage du projet d’aménagement des voiries de Ouagadougou sur 145 km, dont les études techniques ont été entièrement financées par la mairie de Ouagadougou et qui connaîtra un début : 10 km dans les arrondissements 5 et 6, le bitumage des voiries dans les arrondissements 3, 7, 8 et 9 avec le soutien du ministère des Infrastructures, et enfin le pavage des rues dans l’arrondissement 12 sur 5 km environ. Ensuite le Projet mobilité urbaine du Grand Ouaga (PMUGO), qui va doter notre territoire de 300 bus modernes et d’infrastructures urbaines favorables aux transports collectifs. Enfin, le bouclage des études et du financement pour la réalisation du 3e pont de Tanghin ainsi que le lancement des travaux du canal de Tanghin, long de 5 km environ, qui va assainir les quartiers nord de la ville. En termes de construction d’infrastructures, nos investissements porteront sur de nouveaux collèges d’enseignement général et des centres de santé dans les centralités secondaires de Tampouy et de Wayalghin, un centre d’incubation d’entreprise pour la jeunesse (start-up de la mairie de Ouagadougou) et la construction de 3 commissariats de police municipale d’arrondissement. Nous allons aussi valoriser la ceinture verte grâce à l’aménagement de plus 100 hectares et l’érection de cette zone en pôle de croissance d’économie verte de la ville. En outre, nous allons mettre en oeuvre le projet d’appui institutionnel à la gouvernance métropolitaine du Grand Ouaga (PAGO) qui accompagne le développement intercommunal de projets d’infrastructures, et aménager des espaces sportifs pour la jeunesse : centre de fitness, parcours sportifs et plateau omnisport. Enfin, nous allons mettre en service les gares routières de Ouagainter et de la gare de l’Ouest ainsi que des voiries dans les centralités secondaires de Cissin et de Tanghin, déployer le projet Système de collecte des taxes (SYCOTAX) qui promet une mobilisation exceptionnelle de ressources en 2021, poursuivre plusieurs réformes dans les différents programmes du conseil municipal, et bien d’autres actions menées dans les arrondissements de la ville.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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