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Entretien – Ministre de l’Eau et de l’Assainissement

Entretien – Ministre de l’Eau et de l’Assainissement

« En dix ans, des taux d’assainissement multipliés par 25,4 »

Ousmane Nacro, ministre de l’Eau et de l’Assainissement, détaille les enjeux du Programme national d’assainissement des eaux usées et excreta estimé à environ 1 216 milliards de FCFA. En outre, il précise le rôle des structures engagées en faveur d’un plus grand accès des populations à l’approvisionnement en eau.

Pourquoi avez-vous choisi dès votre prise de fonctions de visiter les installations de l’Office national de l’eau et l’assainissement (ONEA) telles que les stations de pompage de Bendogo, Karpala et Pissy à Ouagadougou ?

Ousmane Nacro : Sachez que l’ONEA est l’instrument du gouvernement pour la mise en oeuvre de sa politique sectorielle en matière d’eau potable en milieu urbain. Beaucoup de projets sont en cours et, avec la période chaude qui s’annonçait, il nous fallait sortir pour constater le niveau d’avancement des travaux ainsi que les  dispositions prises pour faire face à la période. Au niveau des quartiers de la capitale, nous avons visité les travaux de renforcement de la branche sud qui consiste en la pose d’une conduite de 700 mm de diamètre pour relier la station de Karpala au château d’eau de Pissy. Nous sommes ensuite allés à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays, visiter les travaux de renforcement de la production d’eau, soit la réalisation de cinq forages à gros débit, la pose d’une conduite entre Nasso et Bolmakoté et la construction d’un réservoir de 5 000 m3. Á Ouahigouya, nous avons visité les travaux de renforcement de la capacité de production et de distribution. Á Boussé, nous avons lancé l’exécution de quatre forages pour le renforcement de la production. Dans toutes ces villes, nous avons expliqué aux populations les difficultés que nous rencontrons, certes, mais aussi les perspectives.

Comment évolue le Programme national d’assainissement eaux usées et excreta (PN-AEUE) qui constitue au Burkina Faso l’outil de référence en matière d’actions sur le volet assainissement ?

L’objectif stratégique du PN-AEUE est d’assurer un assainissement durable des eaux usées et excreta au Burkina Faso à l’horizon 2030. Le PN-AEUE avance assez bien et l’ensemble des acteurs (administration, partenaires, ONG et populations) est mobilisé pour sa mise en oeuvre. En termes d’évolution, le taux national est passé de 22,6 % en 2018 à 25,3 % en 2020, soit une progression de trois points. Entre 2010 et 2020, sur la base d’ouvrages homologués, les taux d’assainissement ont été multipliés par 25,4 pour le milieu rural et 8 pour le milieu urbain. Par ailleurs, l’ensemble des réalisations des acteurs a permis de desservir une population additionnelle de 511 433 personnes en 2020,  ont 398 240 en milieu rural, faisant passer à 5 299 287 personnes la population totale desservie en ouvrages d’assainissement adéquats sur le plan national.

Quel est le coût du financement de ce programme ?

Le coût du Programme est estimé à environ 1 216 milliards de FCFA. Il devrait permettre d’ici à 2030 de réaliser environ 2 900 000 latrines familiales et 15 000 latrines institutionnelles et publiques, 2 500 000 puisards, 340 km de réseau d’égouts avec environ 400 000 raccordements, 14 stations d’épuration (STEP) et enfin 34 stations de traitement des boues de vidange (STBV).

En matière de gouvernance de l’eau, on dénombre plusieurs structures, comme le Secrétariat permanent pour la gestion intégrée des ressources en eau (SP-GIRE) ou des Agences de l’eau. Quel est le rôle de chacune de ces organisations et comment contribuent-elles à faire avancer le système d’approvisionnement en eau des populations ?

Pour rappel, le Plan d’action pour la gestion intégrée des ressources en eau (PAGIRE) a été le premier plan d’action GIRE qui a permis de mettre en place les capacités d’ancrage. Actuellement, ce plan a évolué en Programme national pour la GIRE (PN-GIRE), programme budgétaire permettant l’opérationnalisation sur le terrain de la GIRE et la durabilité des acquis. En somme, le PN-GIRE est le cadre programmatique des actions de la GIRE pour l’ensemble du pays. La mise en oeuvre de la GIRE s’appuie sur un cadre institutionnel bien organisé, composé d’instances et de structures parmi lesquelles figurent, en effet, le SP-GIRE, qui a un rôle de coordination, d’appui technique et de suivi dans la mise en oeuvre de la GIRE, mais aussi le Conseil national de l’eau (CNEau), communément appelé « le Parlement de l’eau » et qui regroupe l’ensemble des catégories socio-professionnelles intervenant dans le secteur de l’eau. C’est un organe consultatif qui traite des questions intéressant aussi bien l’approvisionnement en eau potable des populations et l’assainissement que les autres usages de l’eau. Les populations, à travers leurs associations, y expriment leurs préoccupations. Les questions de pénurie et de qualité de l’eau y sont régulièrement traitées, et des recommandations à l’endroit des acteurs concernés y sont formulées. Comme autres structures de la GIRE, citons le Comité technique de l’eau (CTE), une instance regroupant uniquement les départements techniques et qui se tient en amont afin d’examiner les aspects techniques avant la tenue des sessions du CNEau. Enfin, il y a aussi les Agences de l’eau, des structures chargées de l’opérationnalisation de l’approche de la GIRE sur les différents bassins. Actuellement, elles sont au nombre de cinq. Les Agences de l’eau, à l’aide des schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau (SDAGE), planifient les actions majeures dans le domaine de l’eau, y compris dans l’approvisionnement en eau potable (AEP). Par ailleurs, par la protection des plans et cours d’eau, les agences contribuent à améliorer la disponibilité des ressources en eau et leur qualité pour un meilleur approvisionnement en eau potable. Elles financent également des actions dans le domaine de l’AEP.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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