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Entretien – Ministre de l’Économie numérique, des Postes et de la Transformation digitale

Entretien – Ministre de l’Économie numérique, des Postes et de la Transformation digitale

« La future Banque postale aidera à atteindre l’inclusion financière »

Hadja Fatimata Ouattara/Sanon, ministre de l’Économie numérique, des Postes et de la Transformation digitale, souligne que le Burkina Faso a enregistré, de 2016 à 2019, un bond remarquable en matière de pose de fibre optique. Le pays est passé de 1 901 km de fibres optiques exploitables en 2016 à plus de 8 000 km aujourd’hui.

De 2020 à ce jour, comment ont évolué les taux de pénétration de la téléphonie et d’Internet fixes et mobiles ?

Hadja Fatimata Ouattara/Sanon: Le parc d’accès à Internet mobile connaît depuis 2015 une progression extrêmement rapide tirée par les connexions au réseau mobile haut débit. Ainsi en 2020, le taux de souscription à Internet mobile s’élève à 31,70 %,  ontre 15 % en 2015. En revanche, le parc d’accès à Internet fixe est en recul depuis 2012 et compte aujourd’hui moins de 1 % du total des accès à Internet dans le pays. De la même manière, le parc d’abonnés téléphoniques mobiles a crû rapidement sous l’effet du déploiement du réseau mobile. Avec un total estimé à plus de 14 millions d’abonnés à fin 2015, la télé-densité mobile est de 102,82 % en 2020, contre 78,3 % en 2015.

Peut-on avoir un aperçu des infrastructures déployées au Burkina Faso depuis l’arrivée au pouvoir du président Kaboré ?

De 2016 à 2019, le Burkina Faso a enregistré un bond remarquable en matière de pose de fibre optique. En effet, le pays est passé de 1 901 km de fibres optiques exploitables en 2016 à plus de 8 000 km aujourd’hui, dont environ 3 000 km sur initiative directe de l’État. Cette extension considérable du réseau en fibre optique a fait passer le nombre de provinces couvertes de 11 en 2016 à 42 en 2020. De même, ce sont plus de 800 bâtiments administratifs qui sont raccordés par l’État au moyen d’un réseau urbain en fibre optique de plus de 500 km. En outre, pour améliorer encore la résilience des réseaux et réduire les coûts de transmission internationale, le gouvernement a mis en place un Point d’échange Internet (IXP). Á travers l’IXP, les opérateurs et les fournisseurs d’accès Internet (FAI) peuvent échanger leurs trafics au niveau national sans sortir des frontières du Burkina Faso et, grâce au stockage en miroir des principaux sites et moteurs de recherche, les internautes peuvent naviguer localement. En conséquence, une augmentation de près de 1 100 % du trafic échangé localement au Burkina Faso a été constaté par la prestigieuse association internationale Internet Society, qui a fortement salué cette performance de notre pays, parmi les plus importantes en Afrique. Le couronnement de toutes ces réalisations a été la construction de deux ports secs virtuels de stockage de la bande passante Internet internationale appelés Points d’atterrissement virtuel (PAV) à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Quel est le CA généré par l’économie numérique et combien pèse-t-il dans le PIB burkinabè ?

La contribution au PIB par le secteur du numérique était estimée à 5 % en 2017, selon une évaluation de la Banque mondiale. Les chiffres d’affaires cumulés des trois opérateurs ont été estimés à plus de 370 milliards en 2019, selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (ARCEP). Il faut également noter que le secteur de l’économie numérique est en passe de devenir l’un des plus grands secteurs pourvoyeurs d’emplois, surtout pour les jeunes. L’énoncé de votre fonction ministérielle comporte la mention « transformation digitale ».

Á quoi cela correspond- t-il en termes de stratégie ?

Désireux du bien-être de la jeunesse et de la modernisation de la société et de l’économie, le président du Faso, au sortir des élections couplées de 2020, a voulu donner une autre dénomination à notre département ministériel, ce qui indique à nos yeux une orientation stratégique imprimée à ce secteur. C’est ainsi que beaucoup de plates-formes digitales ont été développées, dont une majorité en implémentation au sein de l’administration. La digitalisation prend forme dans notre pays. L’autre pan de cette digitalisation est la contribution du numérique à la lutte contre le chômage. Á ce titre, dans le cadre du Projet e-Burkina, un programme structurant conduit avec l’appui de la Banque mondiale, deux incubateurs ont été sélectionnés pour accompagner les jeunes porteurs de projets innovants vers la maturation de ces projets, avec l’espoir de voir émerger des start-up du numérique. Pourquoi votre gouvernement tient-il tant à la mise en oeuvre d’une banque postale au Burkina Faso et s’active-t-il pour l’obtention d’un agrément ? L’une des visions du président du Faso est de travailler à faire de l’inclusion financière une réalité. Pour y parvenir, il faut que l’État dispose d’une structure capable de couvrir une bonne partie du territoire national allant des communes urbaines aux communes rurales. Il se trouve que La Poste Burkina Faso, grâce à l’implantation de son réseau postal qui couvre 117 communes, peut jouer ce rôle. La future Banque postale pourra donc aider à atteindre l’inclusion financière dans notre pays.

Comment est structurée la mise en oeuvre du plan stratégique de votre département ministériel doté de plus de 49 milliards de FCFA sur la période 2021-2023 ?

Le plan stratégique de mon département ambitionne de développer les fondements et les piliers importants pour l’essor de l’économie numérique et la transformation digitale rapide du pays. Ainsi, le plan stratégique met l’accent entre autres sur le cadre réglementaire pour garantir une confiance numérique et une attractivité du secteur de l’économie numérique. Ce document met également l’accent sur le développement de l’infrastructure numérique, sans occulter le développement des compétences numériques et du capital humain en général.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

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