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Entretien – Ministre de l’Emploi et de la Protection sociale

Entretien – Ministre de l’Emploi et de la Protection sociale

Un emploi productif et décent pour tous à l’horizon 2025

Outre la poursuite du déploiement de la Couverture maladie universelle (CMU), Adama Kamara, ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, va s’atteler jusqu’en 2025 à la transformation progressive des emplois informels en emplois formels.

Quels sont les grands défis à relever pour votre département ministériel et quelles sont les attentes légitimes des Ivoiriens, en particulier des plus vulnérables ?

Adama Kamara : En matière de travail, le ministère de l’Emploi et de la Protection sociale entend notamment relever quatre défis : le renforcement de la lutte contre le travail des enfants, l’amélioration des conditions de travail en veillant à l’application des textes en vigueur, la consolidation du respect des principes et droits fondamentaux, de la sécurité et de la santé au travail dans le secteur informel, et enfin l’accentuation du dialogue social. Ces quatre défis prennent en compte les attentes des populations, qui aspirent à un contrôle accru de l’application des dispositions du Code du travail. En matière de protection sociale, il importe de rappeler que sous le leadership éclairé du président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara, le gouvernement ivoirien a conduit de nombreux projets afin d’apporter des réponses concrètes aux besoins réels des populations, surtout des couches sociales les plus vulnérables. Au nombre de ces projets figurent notamment la Couverture maladie universelle (CMU) et le Régime social des travailleurs indépendants (RSTI). La CMU est le système de couverture contre le risque maladie qui permet d’assurer l’accès de tous les Ivoiriens et des non-nationaux vivant en Côte d’Ivoire à des soins de qualité à moindre coût. Depuis le 1er juillet 2019, ce projet a été généralisé à l’échelle nationale. Aujourd’hui, plus de 3 millions de personnes sont enrôlées et peuvent bénéficier des prestations servies au titre de la CMU. S’agissant du RSTI, il permet à cette frange importante de la population active longtemps exclue du système national de protection sociale parce qu’évoluant en grande majorité dans l’informel de bénéficier d’une pension de retraite et d’une prise en charge financière en cas d’accident, de maladie et, pour les femmes, de maternité. Á ces deux programmes s’ajoute le lancement, le 2 novembre 2021, du régime de retraite complémentaire par capitalisation des fonctionnaires et agents de l’État dénommé La Complémentaire et dont l’objectif est de bonifier la pension des bénéficiaires grâce à une épargne sécurisée, flexible et rémunérée. Quelles sont les ambitions du gouvernement en matière de création d’emplois d’ici à 2025 ? Mon département ministériel, responsable de la politique gouvernementale en matière d’emploi, s’est fixé pour ambition, avec la formulation de la Politique nationale de l’emploi (PNE) 2022- 2025, de « promouvoir à l’horizon 2025 l’accès à un emploi productif et décent pour tous les hommes et les femmes en âge de travailler, y compris les jeunes et les personnes en situation de handicap, avec l’amélioration de la gouvernance du marché du travail ». Cette ambition, inscrite dans la déclaration de 2011 du président de la République en matière de politique d’emploi et conformément aux orientations stratégiques du Plan national de développement (PND) 2022-2025, se traduit entre autres par la promotion d’emplois productifs et décents, la transformation progressive des emplois informels en emplois formels au profit des hommes, des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap, la promotion de l’employabilité incluant de nouvelles niches dans des filières porteuses à fort impact d’emploi (TIC, environnement, agro-industrie), et enfin le renforcement de la gouvernance du marché du travail avec la création de l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF). Ainsi, pour garantir au plus grand nombre l’accès à l’emploi décent et durable et pour maintenir les emplois, plusieurs actions sont menées ou sont en cours de réalisation dans plusieurs registres : la publication et la vulgarisation du répertoire des mesures incitatives de création et de maintien de l’emploi (mesures fiscales et réglementaires), la mise en oeuvre de la Stratégie nationale intégrée de transition vers l’économie formelle (SNIT-EF), la création du Compendium des compétences des seniors, la promotion de l’autoemploi et de l’entrepreneuriat en application du Projet d’insertion des personnes vulnérables (PIPV) et du Projet de promotion de l’emploi décent sur la période 2022-2024 au profit de 15 600 bénéficiaires, et enfin la mise en oeuvre du Projet de promotion de l’emploi de ménage sur la période 2023-2024 avec un impact de 6 000 bénéficiaires. Quelles sont les priorités inscrites sur votre feuille de route en 2022 ? En 2022, le ministère a pour priorité, en matière de lutte contre le travail des enfants, d’étendre le Système d’observation et de suivi du travail des enfants (SOSTECI) à tous les départements du pays. S’agissant de l’emploi, il s’agira de mettre en oeuvre, outre la PNE 2022-2024, la Stratégie nationale de promotion des emplois verts, de poursuivre la phase pilote de la SNIT-EF en ciblant les commerçants du vivrier, de mettre en place les organes de gouvernance du Fonds d’insertion des personnes en situation de handicap (FIPSH), de formuler la Stratégie nationale intégrée de promotion des emplois du numérique, d’opérationnaliser l’ONEF et de renforcer la synergie d’action gouvernementale avec le secteur privé pour améliorer l’adéquation emploiformation. Et que prévoyez-vous en matière de protection sociale et de travail ? L’accent sera mis sur le renforcement de la gouvernance du système national de protection sociale, la poursuite du déploiement de la CMU, du RSTI et de La Complémentaire des fonctionnaires et agents de l’État ainsi que sur la construction, la réhabilitation et l’équipement des centres sociaux, sur l’organisation du recrutement dérogatoire des personnes en situation de handicap à la fonction publique, et enfin sur le renforcement de l’appui aux populations vulnérables dans le cadre des secours sociaux. Nous allons aussi prioriser la régularisation sociale des gens de maison, appelés aussi travailleurs domestiques, qui est une préoccupation récurrente des centrales syndicales. Enfin, en matière de travail, notre action concernera entre autres la réorganisation des services de l’Inspection du travail en vue de revaloriser l’action de cette administration d’élite et d’en faire un véritable outil de justice sociale, la poursuite de l’adoption de textes d’application du Code du travail, et notamment ceux relatifs à la sécurité et à la santé au travail, l’ouverture des antennes régionales de la sécurité et de la santé au travail, et enfin la consolidation du dialogue social dans une optique de préservation des acquis de la trêve sociale.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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