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Entretien – Ministre de l’Environnement, de l’Économie verte et du Changement climatique

Entretien – Ministre de l’Environnement, de l’Économie verte et du Changement climatique

« Nous souhaitons changer la perception du public vis-à-vis de l’environnement »

Siméon Sawadogo, ministre de l’Environnement, de l’Économie verte et du Changement climatique, revient sur les enjeux du sommet One Planet Summit tenu le 11 janvier 2021 à Paris et où 14,326 milliards de dollars ont été mobilisés pour édifier la grande muraille verte dans les pays de la région sahélo-saharienne.

Dès votre prise de fonctions, vous avez rencontré l’ensemble du personnel de votre département et insisté sur les vertus de la communication. Pourquoi mettre en avant cette nécessité ?

Siméon Sawadogo : Il faut dire qu’aujourd’hui, la dégradation de l’environnement est d’une telle ampleur que sa protection a été nommée l’enjeu du XXIe siècle. Pour nous, l’urgence à agir et à modifier les comportements humains devient alors une priorité ultime. C’est pourquoi toutes nos actions et tous nos efforts doivent être canalisés dans ce sens, ce en quoi la communication est un allié majeur. J’ai donc insisté sur la nécessité d’améliorer l’efficacité de nos campagnes de communication visant à modifier les comportements des citoyens en faveur de l’environnement. Nous travaillerons à la visibilité de nos actions, à la transparence dans la gouvernance des ressources naturelles, à la modification de la perception du public vis-à-vis de l’environnement et au renforcement de la crédibilité du ministère. Nous allons opter pour une communication centrée sur l’information et la sensibilisation des populations et des partenaires du Burkina Faso. Notre stratégie vise à produire et la mettre à disposition une information environnementale de qualité, et à induire un changement d’attitudes et de comportements chez les citoyens burkinabè dans leur ensemble. Nous allons mettre l’accent sur la communication publique, la sensibilisation, le plaidoyer, le partenariat et le renforcement des capacités. L’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS) est une vision à long terme pour stopper l’extension du désert.

Quelles sont les avancées depuis la création de cette structure ?

Lancée en 2005 à Ouagadougou, l’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel vise à améliorer la résilience des écosystèmes naturels et humains et à lutter contre la désertification dans la bande sahélo-sahélienne. Le Burkina Faso a adhéré dès le départ à cette initiative et a élaboré son premier plan d’action en 2012. La zone d’intervention de l’Initiative comprend 5 régions fortement touchées par la dégradation des terres : Centre-Nord, Est, Nord, Plateau central et Sahel. Actuellement, le Burkina Faso a pu mobiliser plus de 15 milliards de FCFA et développer différents partenariats pour la mise en oeuvre de ses plans d’action en appui à l’Initiative. En termes de renforcement des capacités, on note la mise en place de structures de coordination au niveau national et dans les régions d’intervention, celle d’un système de suivi-évaluation, l’élaboration de documents de planification et de situation de référence, et enfin le renforcement des compétences des services techniques du MEEVCC. Sur le terrain, des actions de gestion durable ont été déployées : production de 16,6 millions de plants forestiers, reboisement de 20 383 ha, restauration de 29 602 ha de terres dégradées, création de 45 383 emplois et construction de 51 633 foyers améliorés. En 2019, l’assemblée générale des Nations unies a déclaré la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes 2021- 2030, qui devrait mieux mettre en lumière la problématique de la restauration des terres et mobiliser des actions et des ressources financières supplémentaires pour la grande muraille verte. Dans ce cadre, des annonces de financement ont été faites lors du sommet One Planet Summit tenu le 11 janvier 2021 à Paris. Cet important événement a permis de mobiliser 14,326 milliards de dollars pour ériger la grande muraille verte dans les pays d’intervention.

Quels types de partenariats visant la réhabilitation des sites miniers après exploitation avez-vous évoqués avec la délégation d’Essakane SA reçue le 9 février dernier ?

Conformément au décret portant organisation, fonctionnement et modalités de perception des ressources du Fonds de réhabilitation et de fermeture des mines, la mine de IAMGOLD Essakane a déposé un plan de réhabilitation auprès de l’administration environnementale pour examen et validation. Le Comité d’examen et de validation des plans de réhabilitation créé par arrêté interministériel a, dès mars 2021 et comme notifié à IAMGOLD lors de notre rencontre, élaboré une feuille de route pour planifier les différentes rencontres des membres du comité. Cette feuille de route a pour but d’amorcer l’examen des plans de réhabilitation et de fermeture des mines, et notamment ceux d’Essakane, afin que la réhabilitation puisse débuter sur les sites miniers. La première rencontre a eu lieu le vendredi 23 avril 2021 afin d’harmoniser les points de vue sur les enjeux majeurs à cerner pour un examen efficace du document. Nous avons convenu avec Essakane SA de respecter toutes les obligations législatives et réglementaires, de réhabiliter le site afin d’obtenir un usage post-minier compatible avec les contraintes édaphiques et écologiques de la zone ainsi que la vocation rurale de la région, de supprimer les risques pour la sécurité des communautés riveraines, notamment du fait des carrières, ainsi que la salubrité publique, et de restaurer le site afin qu’il présente à terme une configuration esthétique et stable ainsi qu’un paysage favorable à une valorisation post-minière. Nous avons également attiré l’attention d’Essakane sur la prise en compte de l’agroforesterie dans des actions de réhabilitation, vu le contexte climatique de la région qui abrite la mine. Á cet effet, un partenariat avec nos structures au sein de mon département, à savoir le Centre national des semences forestières, a été suggéré.

Propos recueillis par Paul de Manfred

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