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Entretien – Ministre des Infrastructures et du Désenclavement

Entretien – Ministre des Infrastructures et du Désenclavement

« Plus de 174 milliards de FCFA de la BAD pour soutenir les projets routiers »

Surnommé le « bulldozer national », Éric W. Bougouma, ministre des Infrastructures et du Désenclavement, nous détaille les nombreux projets en cours d’exécution et évoque ses priorités en 2021.

Quel est le volume de projets routiers financièrement soutenus par la Banque africaine de développement (BAD), dont vous avez récemment rencontré le responsable Pascal Yembiline ? D’autres projets vont-ils s’ajouter durant ce quinquennat ou s’agira-t-il de mener à leur terme tous les projets routiers en cours ?

Éric Wendenmanegha Bougouma : Actuellement, la BAD soutient le gouvernement dans la réalisation de projets routiers pour un montant de 174,63 milliards de FCFA. Parmi eux, le projet de réhabilitation et de facilitation du transport sur le corridor CU9 long de 153 km Lomé-Cinkansé-Ouagadougou, pour un coût global de 101,22 milliards de FCFA. La participation de la BAD à ce projet s’élève à 78,86 milliards de FCFA. Les travaux ont porté principalement sur la réhabilitation de la section du corridor Koupéla-Tenkodogo-Cinkansé-frontière du Togo, qui est achevée et a été inaugurée le 21 mars 2019 par le président Roch Marc Christian Kaboré. Des travaux connexes y sont en cours. S’y ajoute le Projet d’aménagement de routes et de désenclavement interne (PARDI) dans les régions du Centre-Nord, du Sahel et de la Boucle du Mouhoun. Ce projet consiste à construire et bitumer les routes nationales classées comme routes de désenclavement interne : la n° 22 sur le tronçon de 96 km Kongoussi-Djibo et la n° 10 sur le tronçon de 91 km Dédougou-Tougan. Le coût global des travaux d’aménagement des routes concernés par le PARDI est de 70,9 milliards de FCFA, et la contribution de la BAD s’élève à 35,64 milliards de FCFA. Précisons que le bitumage du tronçon Dédougou-Tougan sur la route nationale n° 10 a été achevé et réceptionné en 2019. Quant au tronçon Kongoussi-Djibo de la route nationale n° 22, les travaux sont actuellement suspendus du fait, notamment, du contexte sécuritaire. La reprise des travaux s’annonce pour bientôt. Enfin, il y a aussi le Projet de renforcement de la route communautaire CU2a section Gounghin-Fada N’Gourma-Piégafrontière du Niger, longue de 218 km. Le montant des travaux est estimé à 125,99 milliards de FCFA, et la contribution de la BAD est de 60,13 milliards de FCFA. L’ensemble de ces projets, qui font partie intégrante du Document de stratégie pays (DSP) 2017-2021, est actuellement en cours d’exécution. L’objectif principal est de les mener à terme et d’envisager, dans le cadre du DSP 2022-2026, la mise en oeuvre de nouveaux projets tels que le renforcement de la route Bobo-Banforafrontière de Côte d’Ivoire.

Quelle est l’importance accordée par votre département au projet d’extension et de réhabilitation du port sec du village de Sya à Bobo-Dioulasso ?

On sait qu’en dix ans, soit de 2010 à 2020, le volume de marchandises de ce port est passé de 350 000 à 1 500 000 tonnes et que les recettes douanières, qui s’élevaient à 35 milliards de FCFA en 2010, ont atteint les 116 milliards en 2020. C’est dire la nécessité de doter cette infrastructure de moyens à la hauteur de son volume d’activités.

Quelle contribution apporte au secteur privé le département des Infrastructures et du Désenclavement dont vous êtes ministre concernant les travaux d’extension de cette plate-forme commerciale indispensable à l’économie burkinabè ?

Conformément à la vision du président Roch Marc Christian Kaboré qui guide l’action de notre gouvernement, il apparaît clairement que le secteur privé est le moteur de la croissance. Ce projet d’extension du port sec porté par la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) vient compléter les efforts du gouvernement pour relancer l’économie de Bobo- Dioulasso et faire de cette ville un véritable carrefour des échanges internationaux. Mon département assure la maîtrise d’ouvrage déléguée du projet d’extension par l’entremise de l’Agence des travaux d’infrastructures du Burkina (AGETIB). De plus, nous allons assurer le désenclavement de ce port sec en procédant à la réhabilitation et au renforcement des voies d’accès, dont les travaux démarrent au troisième trimestre de 2021. Nous menons en ce moment les études techniques pour la réalisation de 15 km de voie de contournement de la ville de Bobo-Dioulasso afin de mieux sécuriser le trafic vers le port sec.

Comment évoluent les travaux de réhabilitation de la RN4 Gounghin-Fada-Piéga-frontière du Niger, sachant que vous avez rencontré le 26 février 2021 à Ouagadougou une délégation de leaders de la région de l’Est sur le désenclavement global de cette localité ? Avez-vous pu les rassurer sur l’évolution de ce chantier et sur le calendrier ?

Les travaux de renforcement de la RN4 – ou route communautaire CU2a – ont été répartis en trois lots. Le processus d’acquisition est bouclé pour les trois lots et les contrats sont approuvés aussi bien pour les entreprises que pour les missions de contrôle. Les travaux sont en phase de démarrage, avec l’approbation du premier dossier d’exécution et du planning général. Nous avons en effet rencontré des leaders de la région de l’Est avant d’effectuer une visite le 15 avril 2021 dans cette région qui retient toute l’attention du gouvernement. Plus de 160 milliards de FCFA sont investis pour de grands projets de modernisation de son réseau routier : le bitumage de la RN18 Fada-Bogandé, longue de 129 km et dont les travaux sont assurés par PFO Africa, le bitumage de la route Kantchari-Diapaga-frontière du Bénin assuré par SOROUBAT, et enfin le renforcement de la RN4 ou Cu2A assuré par les trois entreprises SINTRAM, YELHY et SOROUBAT. Il faut noter aussi que le bitumage de la section Kantchari- Diapaga est quasi achevé. Il est vrai que les difficultés ne manquent pas, en raison notamment du contexte sécuritaire et du Covid-19 qui entraînent quelques lenteurs. En dépit de ces difficultés, nous conduirons ces projets à leur terme.

Quelles sont vos priorités en 2021 ?

Nous avons trois priorités en 2021. La première consiste à poursuivre et achever les grands chantiers engagés lors du premier mandat, les plus emblématiques étant les travaux de bitumage et de réhabilitation de l’autoroute de contournement de Ouaga, la rocade sud-est du boulevard des Tensoba, la route Gounghin-Fada-Piégafrontière  du Niger, la route Kongoussi-Djibo, et enfin la construction de 3 postes de péage modernes. La seconde priorité est de poursuivre la mise à niveau du réseau routier grâce à des travaux d’entretien appropriés. La troisième priorité est de poursuivre le programme de désenclavement rural avec la construction de plus de  3 500 km de pistes rurales dans les 13 régions du pays. Par ailleurs, de nouveaux projets de bitumage seront mis en oeuvre, parmi lesquels Boulsa-Kalwartenga, Gaoua-Batié et Ouahigouya-Djibo. De même, la politique de développement de voiries urbaines sera poursuivie, notamment à Ouagadougou, Bobo, Ouahigouya et dans les principales villes de la région du Plateau-Central, qui abrite la prochaine commémoration de la fête de l’indépendance le 11 décembre 2021.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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