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Entretien – Président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso

Entretien – Président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso

« La mandature 2016-2021 présente un bilan largement satisfaisant »

En novembre 2016, Mahamadi Savadogo est porté à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) pour un mandat de cinq ans. Son credo ? Assurer un renouveau consulaire et une transformation structurelle du secteur privé. Nonobstant l’impact de l’insécurité et du Covid-19 sur l’économie, de grandes réalisations ont marqué la mandature.

Malgré le contexte sécuritaire et sanitaire difficile, avez-vous des raisons d’être satisfait du bilan de la CCI-BF en 2020 ?

Mahamadi Savadogo : L’année 2020 a été singulièrement éprouvante pour notre pays et son économie, qui ont dû faire face à la fronde sociale, à l’insécurité et à la pandémie de Covid-19. Cela a entraîné une contreperformance de la croissance économique, établie à 2 %, contre une prévision initiale de 6,3 %. Toutefois, nous saluons la capacité de résilience des entreprises : elles ont continué de fonctionner en créant de la richesse et une valeur ajoutée à l’économie nationale. La résilience économique dont il est question s’est traduite par un climat des affaires qui demeure avantageux pour les entrepreneurs, et j’en veux pour preuve les 15 643 entreprises formelles qui ont été créées en 2020 auprès des Centres de formalités des entreprises, contre 13 137 en 2019, soit une hausse de 19,07 %. En ce qui concerne les investissements directs étrangers, nous avons noté une hausse des entrées nettes estimée à 259 millions d’euros, contre 172 millions d’euros en 2019. La contribution du secteur privé à la mobilisation des recettes fiscales et douanières est quant à elle estimée à 2 194 millions d’euros, contre 2 172 millions d’euros en 2019. Enfin, les performances de notre institution se sont accrues, avec un taux d’exécution physique de 91,56 % de son programme annuel d’activités, contre 80,46 % en 2019. Tout ceci nous permet de tirer de cette année 2020 des motifs de satisfaction.

Au registre de la formation professionnelle, du développement du capital humain et de la facilitation de l’accès des PME et TPE au financement, quelle est la nature des services offerts par la CCI-BF ?

Une société anonyme de micro-finance dotée d’un capital de 3,1 millions d’euros a été créée par la Chambre de commerce. En sus des activités traditionnelles des institutions de micro-finance – dépôts, épargne, crédits, cautions, etc. –, SAFINE S.A offre des services non financiers en termes d’appui-conseil et de suivi des MPME du secteur informel pour les accompagner vers la formalisation. En outre, nous avons lancé dans les treize délégations consulaires régionales de la CCI-BF l’initiative « prêts d’honneur » (prêts à taux zéro) avec une mise initiale de plus de 396 366,6 euros pour accompagner le financement des PME. Au sujet du renforcement du capital humain, je dois dire que la formation professionnelle est un puissant levier de croissance économique, et nous y avons consacré l’axe 2 de notre plan stratégique de mandature. Afin de répondre aux exigences du monde des affaires, d’importantes réalisations et des réformes ont été entreprises en matière de renforcement de capacités. La plus importante réforme engagée est la création de l’Académie internationale pour la gouvernance et le leadership économique (AIGLE), dont la mission principale est d’encourager les chefs d’entreprise, les administrateurs et les hauts cadres des entreprises publiques et privées ainsi que les futurs promoteurs à adopter des pratiques modernes et conformes aux standards internationaux en matière de gouvernance d’entreprise. Nous avons également oeuvré à la réalisation, pour un coût total de près de 6,1 millions d’euros, d’un campus consulaire qui servira de technopôle dédié à la formation professionnelle initiale et continue. Dans ce cadre, nous avons déjà des partenariats signés avec des instituts de référence tels que l’École française des affaires (EFA), le Centre africain d’études supérieures en gestion (CESAG), Toulouse Business School, Bordeaux École de Management, etc. Enfin, nous envisageons dans les mois à venir l’opérationnalisation d’un centre d’étude et de langues pour des programmes d’apprentissage des langues émergentes qui viendra renforcer le dispositif de formation professionnelle de notre institution.

Dans le cadre du développement de l’intelligence économique et du portefeuille de services d’appui-conseil aux entreprises, quelle est la nature de l’assistance apportée aux acteurs économiques par le programme PARE Covid-19 et le Fonds FRE Covid-19 ?

PARE Covid-19 est le Programme d’accompagnement à la résilience économique contre le Covid-19. C’est un programme non financier que nous avons mis en place pour apporter des solutions en termes d’assistance concrète en vue de la relance économique des PME-PMI durement affectées par les effets néfastes du Covid-19. Cette initiative a été un soutien à l’action gouvernementale pour la réduction de l’impact du Covid-19 sur l’économie nationale. Quant au Fonds de relance économique FRE Covid-19, il est une initiative de l’État burkinabè visant à financer la relance économique. Ce mécanisme de financement de près de 152,5 millions d’euros opère sous forme de crédits de trésorerie ou d’investissements pour booster la relance des activités économiques. Les interventions du FRE Covid-19 se font essentiellement à partir de trois guichets dédiés respectivement aux grandes entreprises, aux PME-PMI et aux TPE. Les prêts aux entreprises sont consentis au taux de 4 % à travers un mécanisme de bonification supporté par l’État à hauteur de 7,6 millions d’euros. 2021 est une année charnière où se clôture le Plan stratégique de la CCI- BF débuté en 2016.

Comment évolue son taux d’exécution depuis 2019 et pensez-vous parvenir à relever le défi de l’achèvement des projets majeurs de votre mandature et à procéder au renouvellement démocratique de vos instances ?

Notre sommes engagés à amorcer la relance économique en poursuivant la mise en oeuvre du Plan stratégique de la mandature (PSM) 2016- 2021, qui a connu un taux d’exécution physique de 80,46 % en 2019, contre 79,68 % en 2018 et 74 % en 2017. Le taux d’exécution physique pour l’année 2020 est de 91,56 %. Ces statistiques nous rassurent sur la concrétisation des projets majeurs annoncés en début de mandature. Nous sommes donc convaincus, au vu de l’engagement de toutes les parties prenantes, de pouvoir atteindre un taux global de mise en oeuvre satisfaisant pour la présente mandature. Toute chose qui permettra à la prochaine mandature de démarrer sur des bases solides et pérennes. Bien entendu, notre mandat tire à sa fin et les élections consulaires se profilent déjà à l’horizon. J’invite donc l’ensemble des opérateurs économiques à s’intéresser au processus et à s’y impliquer afin de désigner, le moment venu, leurs représentants qui siégeront à l’Assemblée générale. Au demeurant, chacun devra faire prévaloir le sens de l’intérêt collectif en privilégiant le dialogue, la cohésion et la solidarité pour des élections libres, transparentes et équitables.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand (en collaboration avec la direction de l’Information et de la Communication de la CCI-BF)

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