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Entretien – Président directeur général du groupe Tropic Agro

Entretien – Président directeur général du groupe Tropic Agro

« Futur complexe agro-industriel : 600 000 tonnes d’engrais et 2 000 tracteurs par an »

En partenariat avec l’État burkinabè, le groupe Tropic Agro a participé depuis 2017 à la remise de 1 400 tracteurs agricoles aux producteurs du Burkina Faso. Son PDG El Hadj Al Hassane Sienou relève que ces équipements font évoluer le monde rural d’une agriculture de subsistance vers une agriculture de marché.

Depuis quand existe le groupe Tropic Agro et quel est son coeur de métier ?

El Hadj Al Hassane Sienou : Le groupe Tropic Agro a vu le jour en octobre 2006, et nous intervenons dans le secteur agro-industriel, les mines et les carrières.

Après la première opération de distribution de tracteurs agricoles en 2017, quelle a été l’ampleur de la campagne de 2019 au profit des producteurs de l’Ouest et du Burkina Faso ?

L’année 2017 a marqué la première campagne avec une mise à la disposition du monde rural de 500 tracteurs subventionnés. La deuxième campagne, en 2019, concernait une dotation de 400 tracteurs subventionnés au monde paysan, puis 500 en acquisition par la SONATER pour la campagne agricole de 2021, en collaboration avec notre filiale Tropic Agro-Industrie.

Que représentent ces équipements agricoles pour la mécanisation de l’agriculture au Burkina Faso ?

L’apport de ces tracteurs est significatif pour le Burkina Faso en général, et en particulier pour la région du Grand Ouest, zone géographique favorable à la production agricole grâce à son climat généreux et ses terres fertiles. En outre, en matière de mécanisation dans cette zone géographique, moins de 1 % des producteurs avaient accès à la traction motorisée avant le lancement de ce programme, la traction animale représentant de 30 à 50 %. La mise à disposition de tracteurs subventionnés par l’État, en collaboration avec son partenaire-opération Tropic Agro-Industrie, a tout d’abord permis de redorer l’image de l’agriculture au Burkina Faso en général et dans le Grand Ouest en particulier. Grâce à l’apport de ces équipements agricoles, les mises en culture céréalières sont de plus en plus mécanisées et les charges inhérentes de plus en plus maîtrisées par les producteurs. Les superficies de production exploitées sont croissantes, les rendements connaissent une hausse et les producteurs évoluent d’une agriculture de subsistance vers une agriculture de marché. Ainsi, le revenu monétaire agricole s’accroît fortement avec le niveau de mécanisation. Le ministère de l’Agriculture a porté son choix sur votre société, Tropic Agro-Industrie, pour la réalisation d’une usine d’assemblage de tracteurs agricoles créée en partenariat public-privé (PPP).

Pouvez-vous nous en dire plus ? La mise oeuvre de cette unité de production se fait en partenariat avec l’État burkinabè et le projet est en cours d’exécution. L’équipe technique est à pied d’oeuvre et le démarrage de l’usine d’assemblage de tracteurs agricoles est programmé avant la fin de l’année. Nous avons également prévu un service de maintenance qui sera assuré par Tropic Agro-Industrie pour commencer.

Quel va être l’impact de votre future unité industrielle d’engrais à Bobo-Dioulasso sur l’agriculture dans la région ?

Notre future usine de production d’engrais à Bobo-Dioulasso aura une capacité de production de 600 000 tonnes par an. Le projet va améliorer les rendements des cultures céréalières et maraîchères. Elle permettra aux ménages de gagner en sécurité alimentaire. La flambée des prix des engrais sur les marchés locaux sera également maîtrisée. La première édition du Salon de l’élevage du Burkina Faso s’est tenue à Ouagadougou sur le thème « Place des productions animales et halieutiques dans le développement des bases productives et de compétitivité de l’économie nationale ».

L’élevage étant le 3e produit d’exportation du Burkina Faso, quelle est la portée de cet événement ?

L’élevage fait partie des principaux produits d’exportation à côté de l’or et du coton. Il contribue pour plus de 18 % à la formation du PIB. Ce salon est une vitrine exemplaire de l’agriculture au sens large, et il représente activement les acteurs de l’élevage. Grâce à ce salon, les produits et les dérivés de l’élevage sont connus du grand public national et international. Ce salon est un espace où les acteurs des filières de l’élevage se rencontrent et nouent des relations d’affaires.

Depuis 2008, TAC (Tropic Agro Chem) est en partenariat avec l’État sur plusieurs filières agro-alimentaires, dont la fourniture d’engrais chimiques, les aménagements hydrauliques et la promotion du riz. Quel bilan faites-vous de ces opérations ?

Le bilan est positif et ces actions sont louables. Comme on pouvait s’y attendre, le PNUD note dans son rapport « Analyse de l’impact des subventions de fertilisants chimiques de céréales au Burkina Faso » que les subventions de fertilisants chimiques pour la culture de maïs et de riz ont eu un impact positif sur la production de ces deux céréales. Leurs productions respectives se sont accrues avec le taux de subvention. La production de maïs enregistre un accroissement plus élevé que la production de riz, quel que soit le taux de subvention des fertilisants chimiques. L’impact des subventions sur la production de maïs est 2 à 3 fois supérieur à l’impact sur la production de riz. Par exemple, une subvention de fertilisants chimiques destinés au maïs et au riz au taux de 75 % permet d’accroître la production de maïs de 54,7 % et celle de riz de 21,1 %. Pour doubler la production de maïs, toutes choses égales par ailleurs, une subvention de fertilisants chimiques au taux de 88,4 % est requise, alors que pour le riz, c’est un taux de subvention de 98,5 % qui est requis pour doubler la production…

En 2021, quelles sont vos priorités ?

En 2021, nous souhaitons poursuivre la quête vers l’organisation technique et professionnelle de l’équipe de Tropic Agro Chem et opérationnaliser l’unité de montage des tracteurs et de production d’engrais.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

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