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Entretien – Président du Conseil national du patronat burkinabè

Entretien – Président du Conseil national du patronat burkinabè

« Le patronat, un acteur important du dispositif éducation-formation et emploi »

L’homme d’affaires Appolinaire Compaoré, président du Conseil national du patronat burkinabè, dévoile les actions inscrites sur sa feuille de route de 2021, parmi lesquelles le lancement du programme RIPAQUE/BTP et l’installation des Conseils régionaux du patronat à Bobo-Dioulasso, Banfora et Koudougou.

Êtes-vous satisfait du bilan des activités du Conseil national du patronat burkinabè (CNPB) en 2020 ?

Appolinaire Compaoré : En dépit de la pandémie de Covid-19 qui a quelque peu freiné la mise en oeuvre des activités, surtout en période de confinement, le taux d’exécution global en 2020, qui s’élève à 57,11 %, peut être considéré comme satisfaisant.

Quelles sont les actions marquantes inscrites à l’agenda du CNPB pour l’année 2021 ?

Elles sont nombreuses, mais les plus importantes à  relever sont entre autres l’organisation de la rencontre gouvernement-patronat, la mise en place d’une société de cautionnement mutuel pour faciliter l’accès de nos membres au financement, et enfin l’intensification de l’exécution du Programme d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage de type dual (PAFPA-Dual) financé par la Coopération suisse pour la période 2018- 2022. Nous allons également lancer le projet « Renforcer l’insertion professionnelle par des apprentissages de qualité dans le secteur du BTP », ou RIPAQUE/BTP, financé par l’Union européenne pour la période 2021- 2023, et participer au consortium chargé de l’exécution du projet « Environnement favorable au climat des affaires pour les jeunes et femmes entrepreneurs au  Burkina Faso » financé par la coopération néerlandaise pour la période 2021-2024. Á cela s’ajoutent la mise en place des Conseils régionaux du patronat dans les trois grandes villes que sont Bobo-Dioulasso, Banfora et Koudougou, la participation au processus de relecture du code du travail débuté depuis 2017,  l’organisation de la Nuit du meilleur employeur et enfin le renforcement des capacités des membres sur diverses thématiques.

Le CNPB compte plus de 80 groupements et associations professionnelles avec, pour membres de base, de grandes sociétés et PME. Quel est le budget de votre institution pour 2021 ?

En 2021, le budget s’élève à 359 millions de FCFA, et il est constitué en grande partie des cotisations des membres et des subventions des partenaires.

Quelle est l’implication du patronat dans la formation des jeunes ?

Depuis plusieurs années, le patronat est un acteur important du dispositif éducation-formation et emploi au Burkina Faso. En tant que mandant tripartite de l’Organisation internationale du travail (OIT) assurant le leadership dans ce dispositif, le patronat, de par ses membres regroupés dans l’Union nationale des établissements d’enseignement privé-laïc (UNEEP-L), compte sur toute l’étendue du territoire national plus de 1 000 écoles, centres et instituts de formation allant de la maternelle au supérieur. Trois étudiants ou élèves sur cinq sont inscrits dans le privé. En outre, pour améliorer l’adéquation formation- emploi et afin de satisfaire les besoins des entreprises en main-d’oeuvre qualifiée, le patronat exécute plusieurs projets et programmes. Citons, entre autres, le PAFPA-Dual (Programme d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage de type dual), qui assure la formation de 8 000 jeunes dans les domaines de l’agro-sylvo-pastoral, du BTP, des mines et des TIC dans 6 régions du pays, ou encore le projet RIPAQUE/ BTP qui concerne la formation duale de 600 jeunes dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.  Quels sont les pays qui soutiennent le patronat burkinabè dans le domaine de la formation ? D’une manière générale, on recense presque tous les pays faisant partie de l’Union européenne, auxquels s’ajoute la Suisse, qui a d’ailleurs une représentation diplomatique dans notre pays.

Lors de votre élection en 2018 comme président du CNPB, vous avez présenté un plan stratégique de développement pour votre quinquennat. Comment évolue-t-il, quel est son coût et comment est-il structuré ?

Á l’issue de mon élection à la tête du CNPB, bien évidemment, mon plan d’action a été mis au profit de l’institution afin de renforcer son plan stratégique pour la période 2020-2024. Son coût est de 595 millions de FCFA et son exécution se poursuit normalement. Ce plan est structuré en 5 programmes : d’abord le renforcement des capacités du CNPB et de ses membres, ensuite le volet amélioration de la visibilité, de l’accessibilité et de l’image de marque du CNPB, en troisième lieu le renforcement de la capacité financière du CNPB, quatrièmement l’amélioration de la participation des employeurs au dialogue social public-privé et au dispositif éducation-formation et emploi, et enfin la diversification de l’offre de services par des activités innovantes et génératrices de revenus. Le siège du patronat a reçu le 7 avril dernier des membres du Conseil national de l’économie informelle (CNEI).

Quel a été l’apport du patronat au Forum de l’économie informelle qui, en 2019, a abouti grâce à votre implication à la création du CNEI ?

La contribution du patronat a été décisive dans la création du Conseil national de l’économie informelle (CNEI) en ce sens que près de 70 % de la population en milieux urbain et rural sont concernés par ce secteur. En outre, plusieurs associations du secteur informel en milieu urbain collaborent avec le patronat dans le domaine de la sous-traitance. Nous pensons que c’est un secteur qu’il faut encadrer et accompagner, d’où la création d’un poste de secrétaire chargé de l’économie informelle dans le bureau actuel du  patronat. Cette fonction est revenue, tout naturellement, à l’actuel président de la CNEI. Á Bamako en mars dernier, vous avez reçu de Mohammed Salia Touré, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, le Prix du leadership africain pour la combativité, la résilience et l’intégration en votre qualité de patron des patrons burkinabè.

Quelle est la portée de ce prix ?

Ce prix m’a en effet été décerné le 13 mars 2021 à Bamako par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle en raison de mon parcours dans les affaires, qui n’est plus un secret pour personne. Je ne suis pas allé à l’école, je n’ai pas de diplômes, je me suis investi très jeune dans les affaires. C’est ma persévérance, le don de soi et le flair qui ont été déterminants dans ma réussite dans le business. Ce prix représente la reconnaissance du gouvernement malien pour le self-made-man que je suis. Parti de rien, je suis aujourd’hui à la tête d’un groupe dont les sociétés sont implantées dans plusieurs pays de la sous-région. Je remercie le gouvernement du Mali de m’avoir honoré par cette distinction.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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