logo

Entretien – Président sortant de la Chambre consulaire régionale-UEMOA

Entretien – Président sortant de la Chambre consulaire régionale-UEMOA

« La CCR-UEMOA a accompli des progrès remarquables »

Après avoir transmis le flambeau à la tête de la Chambre consulaire régionale (CCR) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), Abdoulaye Kouafilann Sory, administrateur et directeur général de Fidelis Finance, dresse le bilan des actions de son mandat comme président de cette institution dédiée au secteur privé.

Après trois ans à la tête de la Chambre consulaire régionale (CCR), que retenez-vous de votre mandature ?

Abdoulaye Sory : Dès le début de notre mandat en mai 2018, nous avons adopté un programme de mandature en quatre grands axes : renforcer la gouvernance de l’institution et les capacités institutionnelles des organisations membres, améliorer l’efficacité technique et opérationnelle de ses instances, encourager et promouvoir les initiatives communautaires privées, et enfin consolider les capacités institutionnelles des organisations membres. Ces piliers étaient encadrés par une NOP (note d’orientation du président) qui fixait le cap, telle une boussole, sur les grandes actions du mandat. Au moment où j’ai passé le flambeau le 31 mai dernier, je puis vous assurer que nous avons, grâce au soutien et à la mobilisation des élus et des organisations consulaires ainsi que du personnel administratif de la CCR-UEMOA, accompli des progrès remarquables. Nous léguons à nos successeurs une institution dotée d’instruments de gouvernance à même de renforcer ses capacités opérationnelles. Pour doper les capacités financières de la CCR-UEMOA, nous avons pris des mesures drastiques de réduction du train de vie de la Chambre, comme la réduction de la durée des réunions des organes, passée de trois jours à une journée, ou l’obligation faite aux élus, excepté le président et les vice-présidents, de voyager en classe économique dans la sous-région. Résultat : sur ce poste budgétaire, la CCR réalise un gain de l’ordre de 150 millions de FCFA par an. De même, l’efficacité technique et opérationnelle de nos instances s’est considérablement accrue grâce à l’adoption de nouvelles méthodes de travail.

Au lendemain de la passation de charge au nouveau président élu, vous avez été reçu par le président Roch Marc Christian Kaboré. Pourquoi ?

Lors de ma prise de fonctions en 2018, j’avais pris conseil auprès du président du Faso et demandé son accompagnement, ce qu’il a fait de manière efficace avec, comme point d’orgue, l’augmentation de la subvention allouée à la Chambre, passée de 400 à 600 millions de FCFA. Il était donc opportun pour nous, à la fin du mandat, d’accomplir ce devoir de reconnaissance en lui remettant le rapport d’activités en sa qualité de président en exercice de la Conférence des chefs d’État de l’UEMOA. Au cours de l’audience, le président Kaboré nous a félicités pour les résultats engrangés et a réaffirmé sa volonté de faire de la CCR-UEMOA un organe important dans le dispositif des institutions au coeur de l’intégration économique régionale. Par conséquent, il s’est engagé à accompagner notre organisation en prenant des actions fortes pour l’accès du secteur privé régional à la parole lors de la Conférence des chefs d’État. Cela montre tout l’intérêt qu’il accorde au positionnement institutionnel de notre Chambre consulaire.

Où en êtes-vous avec le projet de construction du siège de la Chambre régionale ?

Les travaux de construction du siège de la Chambre consulaire régionale et du Bureau de la représentation de la Commission de l’UEMOA à Lomé, au Togo, enregistrent une avancée notable sous l’égide du comité conjoint Commission/CCR chargé de superviser lesdits travaux. À fin avril 2021, le taux d’exécution du chantier avait atteint 40,22 %.Le plan d’action de notre mandature a accordé une priorité à la sécurisation du programme immobilier. Outre la construction de son siège, notre institution a entrepris les travaux de construction de deux villas duplex, don de l’État togolais. Le coût des travaux de construction du siège, qui s’élève à 8 milliards de FCFA, est financé par le budget de l’Union, tandis que la construction des deux villas est financée sur fonds propres, pour un coût total de 180 millions de FCFA. Ces ouvrages seront livrés respectivement en 2021 et 2022. Le 31 mai dernier, vous avez passé le témoin à une nouvelle équipe dirigeante.

Comment s’est opéré le choix de votre successeur ?

L’élection du président se fait par le collège des 56 élus consulaires (7 par pays) venant des huit États de l’Union. La règle veut que les impétrants soient choisis parmi les chefs de délégation de chaque pays, à savoir les présidents des Chambres de commerce de chaque pays, qui s’affrontent dans les urnes. Nous nous sommes engagés à faire respecter un consensus autour des principes de mandat tournant par ordre alphabétique et de « un homme/un mandat de 3 ans ». C’est une réforme qui figure parmi les douze innovations que nous avons mises en place. En outre, nous avons instauré de nouvelles règles de désignation des candidats à l’élection des membres consulaires pour tenir compte des critères liés au quota genre et à la participation des élus issus de secteurs spécifiques ou nouveaux comme l’éducation, les mines, le tourisme, les télécoms et TIC, ou encore l’industrie pharmaceutique. La pierre angulaire de toutes ces réformes est l’instauration du mandat unique tournant par pays à la tête de notre organisation. De fait, les délégués ont placé leur confiance en Daouda Coulibaly, par ailleurs président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEFCI). Seul candidat en lice, M. Coulibaly a été plébiscité à la tête de l’équipe dirigeante de la CCR-UEMOA pour un mandat de trois ans en remportant 49 voix sur 54 votants, dont cinq bulletins nuls.

Finalement, comment voyez-vous l’avenir de cette institution ?

Pour conclure, je dirai qu’au cours de mon mandat, la CCR-UEMOA a été profondément restructurée pour mieux l’aligner avec sa vocation d’acteur majeur devant assurer la participation effective du secteur privé au processus d’intégration de l’Union. Ces résultats ont été atteints grâce à la volonté des chefs d’État de l’Union, aux moyens dégagés par le Conseil des ministres statutaire de l’Union, et aux contributions multiformes de la Commission de l’UEMOA, des élus, des organisations membres, de l’équipe administrative de la CCR et de nos partenaires, dont la presse. À eux tous, je réitère l’expression de toute ma gratitude. Car mon seul mérite en tant que président a été d’avoir su former des équipes et instaurer un tandem entre les élus et le personnel de la CCR. Cela a permis de mieux coordonner leurs actions ou leurs énergies pour les focaliser sur la réalisation des objectifs prédéfinis. Nous partons avec la conviction que la CCR-UEMOA est désormais outillée pour relever les défis de l’intégration économique des dix prochaines années. Nous formulons des voeux sincères de réussite pour la nouvelle équipe dirigeante.

Propos rassemblés par Louise Bibalou-Durand (avec FRATMAT Infos)

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

EA Magazine LLB Afrique
Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.
SAVOIR PLUS
ARTICLES RÉCENTS
Contact Info
LLB Afrique
  • 91 Rue FAUBOURG ST HONORE 75008 Paris – France
  • +33 1 42 65 25 52