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Plan national de développement 2021-2025

Plan national de développement 2021-2025

Un nouvel objectif pour le PND 2021-2025

L’investissement global du Plan national de développement (PND) 2021-2025 s’élève à 59 000 milliards de FCFA, soit pratiquement le double du PND 2016-2020. Le secteur privé, tout comme les bailleurs de fonds, doit y contribuer à hauteur de 74 % du total.

La loi relative au PND 2021-2025 a été adoptée par le Sénat le 17 décembre 2021 malgré les fortes réserves des sénateurs d’opposition du groupe parlementaire PDCI-RDA. Il a été défendu dans l’hémicycle par Kaba Nialé, ministre du Plan et du Développement qui, lors de la présentation du projet, a précisé : « Le PND est une stratégie mise en place par le président Alassane Ouattara pour assurer la transformation économique et sociale du pays, et ce en vue d’améliorer considérablement le bien-être des populations à travers la réduction de la pauvreté et des inégalités. » Rappelons également que depuis 2012, deux plans nationaux – 2012-2015 et 2016-2020 – ont été élaborés et exécutés. Le coût du premier plan s’établissait à 10 000 milliards de FCFA et celui du second à 30 000 milliards. Le PND 2021-2025 a pour objectif global de réaliser à l’horizon 2030 la transformation économique et sociale nécessaire pour hisser la Côte d’Ivoire au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, et il coûtera beaucoup plus cher que les deux précédents. En effet, selon la ministre Kaba Nialé, le coût global des investissements est d’environ 59 000 milliards de FCFA, dont 15 353,3 milliards pour le secteur public, soit 26 % du total des investissements, et 43 646,7 milliards pour le secteur privé, soit 74 %. Par conséquent,  ce troisième PND mobilise pratiquement le double de l’investissement du PND précédent. Ajoutons que Kaba Nialé a donné des détails sur le besoin de financement public de ce troisième cycle du PND, fixé à 21 110,3 milliards de FCFA : « Il sera notamment comblé par un recours au marché financier à hauteur de 11 774,7 milliards de FCFA, dont 5 191,5 milliards à mobiliser sur le marché extérieur et 6 583,2 milliards sur le marché régional. De plus, un groupe consultatif a été mis en place en vue de mobiliser 9 335,6 milliards de FCFA, dont 3 922,2 milliards de financement acquis et 5 413,4 milliards à rechercher. » En ce qui concerne l’opposition représentée par le PDCIRDA de Henri Konan Bédié, elle a critiqué la volonté du gouvernement ivoirien de faire du nouveau PND une loi, ce qui n’était pas le cas des deux précédents, et a manifesté son inquiétude vis-à-vis du poids de la dette. Sur ce dernier point, la ministre Kaba Nialé a rétorqué que « le poids de la dette ne s’apprécie pas en absolu, il s’apprécie en relatif. Car si, avec le fruit de la dette, vous faites des investissements productifs, ils vont créer de la richesse et de la capacité à lever des impôts pour rembourser la dette ». Ce troisième PND a aussi fait l’objet de deux conférences de planification tenues à Abidjan respectivement le 21 mai 2021 et le 31 mars dernier entre le gouvernement ivoirien représenté par la ministre Kaba Nialé et un certain nombre de bailleurs de fonds : Banque mondiale, FMI, Pnud, Union européenne, etc. Ces derniers ont fait part de leur engagement à accompagner la Côte d’Ivoire dans ce nouveau plan quinquennal. En matière de méthodologie, la ministre du Plan et du Développement a tenu à expliquer que le PND 2021- 2025 avait été élaboré selon une approche participative incluant des consultations nationales sur l’ensemble du territoire pour recueillir sur le terrain les besoins et les aspirations des populations. Il a également été inspiré par les visions de développement à long terme développées dans plusieurs études : l’Étude nationale prospective Côte d’Ivoire 2040, celle du Plan stratégique Côte d’Ivoire 2030, l’analyse de la pauvreté multidimensionnelle (MPD 2020), l’Examen multidimensionnel de l’OCDE 2020 et le Plan décennal Côte d’Ivoire 2030 McKinsey sur les perspectives. L’ensemble de ces travaux a permis d’affiner le diagnostic stratégique et de faire ressortir les défis critiques en vue de définir les 6 piliers du PND 2021-2025 (lire notre encadré).

Paul de Manfred

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Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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