Climat des affaires - Les atouts du Sénégal face aux destinations concurrentes

Le climat des affaires du Sénégal se bonifie. Concernant les risques-pays, l’OCDE l’a classé en octobre 2021 dans le top 5 des pays sûrs pour les investissements. Quant à l’Index d’attractivité des investissements en Afrique du cabinet Deloitte, il l’a placé en 2020 devant l’Afrique du Sud et l’Éthiopie. 

Les réformes majeures entreprises pour améliorer l’environnement des affaires, avec leurs dizaines d’actes officiels, font du Sénégal une place incontournable dans la région, reconnue dans les classements internationaux. En effet, le cabinet Deloitte l’a notifié dans sa classification de 2020 sur les investissements en Afrique et, en 2021, c’est l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui a confirmé cette bonne tendance. L’Agence nationale chargée de la promotion de l’investissement et des grands travaux au Sénégal (Apix SA) estime pour sa part que le pays a réussi à endiguer les tracasseries administratives grâce à la création de guichets uniques pour l’installation des entreprises, à la digitalisation des procédures, aux incitations fiscales, au dialogue tripartite État-investisseurs-administration ou encore à la refonte du Code des investissements. S’y ajoutent des franchises d’exportation, des exonérations de TVA et de taxes douanières ainsi que des offres tendant à optimiser et à faciliter la vie des entrepreneurs. 

Ainsi, toutes ces mesures ont permis au pays des avancées décisives en termes de facilité à faire des affaires, avec comme corollaire un afflux remarquable d’investisseurs internationaux et une augmentation des investissements directs étrangers. Un état de faits qui répond à la volonté d’opérer la transformation structurelle de l’économie du pays par le développement de nouveaux secteurs créateurs de richesses, d’emplois et d’inclusion sociale, volonté incarnée par l’option stratégique consistant à créer et à développer les zones économiques spéciales (ZES).

Affirmée dans le Plan Sénégal Émergent (PSE), l’intention de rendre le pays compétitif se traduit donc par la mise en place de hubs industriels et logistiques ayant pour vocation d’offrir des infrastructures et des services de qualité aux entreprises de production. Aux yeux des observateurs, cela démontre la capacité du Sénégal à offrir des produits et des services à haute valeur ajoutée pour attirer les investisseurs dans ces ZES auxquelles sont octryées des ressources financières considérables. D’où l’installation massive de promoteurs sur le site de Diamniadio, la nouvelle ville située à 40 kilomètres de Dakar, grâce à la construction de bâtiments administratifs ainsi qu’à l’aménagement et à la mise en place des équipements nécessaires à l’opérationnalité des zones.

Considéré comme un îlot de la démocratie en Afrique de l’Ouest, le Sénégal a connu des alternances politiques pacifiques avec des institutions restées solides malgré les tensions. De nombreuses organisations internationales ont d’ailleurs leur siège à Dakar. Le pays jouit par ailleurs d’une économie diversifiée qui repose sur les piliers que sont, en plus du pétrole et du gaz, l’agriculture, la pêche, l’industrie, l’extraction minière et les services. Les coûts des facteurs de production ont bénéficié de réformes destinées à améliorer la compétitivité du pays.

Le Sénégal peut aussi se prévaloir de la qualité de ses ressources humaines grâce à ses écoles de commerce, ses centres de formation professionnelle et ses personnes formées dans les universités locales et étrangères. Leurs compétences sont reconnues et recherchées, notamment en informatique, en gestion des entreprises, en recherche scientifique et en outsourcing.

De plus, le Sénégal s’est doté d’infrastructures modernes et structurantes : 15 000 km de routes, des autoroutes à péage, des aéroports internationaux, des ports de grande envergure dont un en construction à Ndayane, à moins d’une heure trente de Dakar, et enfin le train express régional (TER) qui relie pour l’heure Dakar à Diamniadio mais qui desservira bientôt l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) de Diass, à une heure de Dakar. Le pays s’est également équipé d’infrastructures numériques de haute facture qui le connectent au monde grâce à la fibre optique et à des installations performantes offrant des commodités à la pointe de l’innovation qui le rapprochent de nombreuses destinations en Amérique et en Europe occidentale. 

Enfin, son statut de pays de la CEDEAO donne au Sénégal un accès à un marché de plus de 300 millions de consommateurs.

 

Boubacar Gassama